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Hiragana
Les hiragana (平仮名, littéralement « kana lisses ») sont un syllabaire japonais et une des trois écritures du japonais avec les katakana et les kanji.
Ils ont été formés par abréviation cursive de kanji ayant la même prononciation. Ils permettent de transcrire la langue japonaise sans ambiguïté, au contraire des kanji. En effet, chaque hiragana représente une syllabe (techniquement, une more) qui peut être une voyelle seule (comme あ a) ou une consonne suivie d'une voyelle (comme か ka), ou encore le n syllabique ん, dont la prononciation varie en fonction de la syllabe qui le suit.
Utilisations
Les hiragana permettent d'écrire :
- Les mots japonais auxquels ne correspond aucun kanji, par example les particules telles que から (kara) et les suffixes telles que さん (san) ;
- Les mots japonais dont l'écriture en kanji est soit inconnue de l'auteur ou d'une partie du lectorat, soit jugée trop formelle ;
- Les okurigana, notamment les morphèmes grammaticaux, par exemple dans 食べました (tabemashita) ;
- Les furigana, c'est-à-dire les prononciations de kanji pour les lecteurs qui ne les connaîtraient pas.
La présence d'hiragana parmi des sinogrammes suffit en général à identifier un texte japonais.
Compositions des hiragana
Les hiragana consistent en un ensemble de caractères fondamentaux, les gojūon (五十音, littéralement « cinquante sons », bien qu'il n'en subsiste aujourd'hui que 46), qui peuvent être modifiés comme suit :
- L'ajout d'un dakuten (゛) transforme une consonne sourde en consonne sonore : k→g, t→d, s→z et h→b ; dans des écrits informels, en particulier dans les manga, on utilise parfois le dakuten sur des voyelles pour noter un son étranglé ;
- L'ajout d'un handakuten (゜) transforme le h en p ;
- L'ajout d'une version réduite de l'hiragana ya, yu ou yo (ゃ, ゅ ou ょ respectivement) transforme la voyelle i qui la précède en la palatalisant ;
- Un petit tsu っ indique une consonne géminée, ce qui ne peut apparaître qu'avant une fricative ou un coup de glotte ; il est représenté en rōmaji en doublant la consonne qui le suit ; dans des écrits informels, il est aussi utilisé en fin de mot pour indiquer une articulation dure ou hachée, pour exprimer de la colère ou de l'émoi par exemple.
Il est possible de représenter d'autres sons à l'aide d'hiragana en utilisant des petites versions des cinq voyelles. On les utilise, surtout dans un contexte informel, pour représenter des sons qui s'estompent petit à petit (はぁ, ねぇ).
Tableau des hiragana
Rōmaji suivant la méthode Hepburn. Les kana en rouge sont aujourd'hui obsolètes.
L'allongement de la voyelle pour la série de kanas avec o ou u se fait à l'aide du kana う (u) ; exemple : とうきょう Tōkyō, sauf dans quelques mots où l'on redouble le kana お o ; ex: おおきい ōkii, « grand ». Il s'agit en fait d'anciens - owo.
Ordre de classement
L'ordre des gojūon (les kana de base) est important puisque c'est aujourd'hui l'ordre le plus utilisé pour le classement dans les dictionnaires, les annuaires téléphoniques, etc., au Japon. On trouve encore parfois l'ordre traditionnel Iroha, du nom du poème pangramme qui en donne l'ordre.
Les kana avec des diacritiques ou de petit format sont assimilés aux kana de base pour le classement. Si deux mots ont les mêmes kana de base, la priorité est donnée au kana simple, puis à celui avec le diacritique dakuten, puis à celui avec le diacritique handakuten, puis à celui de petite taille. Les katakana et les hiragana sont traités de la même façon pour le classement.
Sens d'écriture des Hiragana
katakana
Les hiraganas, tout comme les caractères chinois, ont un sens d'écriture défini. Ordre d'écriture des traits qui prend son importance lors de la calligraphie japonaise.
Divers
- code ISO 15924 : Hira
Voir aussi
Articles connexes
- kana ;
- Iroha ;
- kanji ;
- katakana ;
- furigana.
Liens externes
- http://www.kanjistep.com/en/online/hiraganasteps ;
- http://home.worldcom.ch/~mrufenac/nihongo/testhiragana.html.
Catégorie:Kana
Catégorie:Méthode de transcription
ko:히라가나
ms:Hiragana
ja:平仮名
th:ฮิระงะนะ
SyllabaireUn syllabaire est un ensemble de symboles utilisés pour représenter les sons d'une langue. Les symboles représentent des syllabes, à la différence d'un alphabet où les symboles représentent des sons ou des phonèmes.
Dans l'absolu, dans un syllabaire, des caractères phonétiquement proches (comme « ka », « ke » ou « ko ») ne possèdent pas un graphisme similaires — à la différence d'un alphasyllabaire où une base consonnantale commune est typiquement altérée pour représenter la voyelle.
Les syllabaires sont particulièrement adaptés aux langues utilisant essentiellement des syllabes de type consonne - voyelle (le japonais en est un exemple), ce qui limite le nombre de combinaisons. Pour des langues utilisant des structures syllabaires plus complexes (comme le français ou l'anglais), utiliser un syllabaire se révèlerait sans doute peu pratique.
Liste de syllabaires
- Les syllabaires japonais kanas (hiragana et katakana).
- Plusieurs langues amérindiennes possèdent un syllablaire, comme le cherokee, le blackfoot, ou le cris.
- Le syllabaire yi, permettant d'écrire le nosu, une variété de langue tibéto-birmane parlée au Sichuan, en Chine, standardisé depuis 1979.
- Plusieurs langues nigéro-congolaises ont utilisé un syllabaire, comme le kpelle, le loma ou le mende. À l'exception du vai, toutes utilisent désormais l'alphabet latin.
- Le nushu, qui était exclusivement utilisée par les femmes du Comté de Jiangyong, dans la province du Hunan en Chine, et dont la dernière utilisatrice est décédée en 2004.
- Le linéaire B, anciennement utilisé pour l'écriture du mycénien, une forme archaïque du grec ancien.
- Les syllabaires autochtones canadiens (utilisés par l'inupiaq, l'inuktun, l'inuktitut et le kalaallisut) peuvent également être considérés comme alphasyllabaires, les caractères utilisés pour noter des sons proches étant similaires.
Note : l'écriture coréenne hangul est bel et bien un alphabet, bien qu'il puisse apparaître comme un syllabaire au premier regard (les lettres y sont combinées par blocs d'une syllabe). Les langues de l'Inde et l'amharique utilisent des alphasyllabaires.
Voir aussi
Liens internes
- Écriture
- Alphabet
- Alphasyllabaire
- Abjad
- Sinogramme
- Signes diacritiques
Liens externes
- [http://www.omniglot.com/writing/syllabaries.htm Syllabaries], sur le site Omniglot, qui présente une liste de syllabaires
Catégorie:Écriture
-
als:Silbenschrift
ja:音節文字
ko:음절 문자
Écritures du japonaisEcritures du japonais
La langue japonaise écrite est vraisemblablement l'une des plus originales ; en effet, elle fait intervenir trois types d'écritures très dissemblables : un ensemble de logogrammes, deux syllabaires et l'usage de l'alphabet latin rōmaji dans certains cas plus restreints.
Les logogrammes sont les kanji, sinogrammes empruntés initialement aux Chinois, puis modifiés, dont la lecture est rendue complexe par le jeu de nombreuses homographies (un même caractère peut se lire de manières très diverses, le système phonologique du japonais étant moins riche que celui du chinois et dépourvu de ses tons – la langue possédant cependant un accent de hauteur).
Les syllabaires – ou kana – sont constitués des hiragana et katakana. Ils permettent de noter quasi phonétiquement la langue. Les premiers servent, principalement, à l'écriture des morphèmes grammaticaux, à celle de quelques mots et à la notation phonétique (pour les débutants, par exemple) des kanji. Les seconds s'utilisent le plus souvent pour la notation des emprunts lexicaux aux langues étrangères et sert de mise en relief (comme notre italique).
Enfin, diverses romanisations (dites rōmaji), existent, parmi lesquelles le système Hepburn est le plus connu en Occident, le nippon-shiki le plus courant au Japon.
On se reportera aux articles consacrés à chaque système pour plus de détails.
ja:日本語の表記体系
KatakanaCatégorie:Kana Catégorie:Méthode de transcription
Les katakana sont les éléments d'un des trois ensembles de caractères de l'écriture japonaise avec les kanji et les hiragana.
Dans cet article, les mots japonais resteront invariables.
Les katakana (片仮名, proprement « kana fragmentaires ») sont un des deux syllabaires utilisés en japonais. Comme les hiragana – l'autre syllabaire – les katakana sont des signes correspondant à des syllabes (ka, ki, ku, ke, ko). Ils permettent de transcrire le japonais sans ambiguïté.
Origines
Ils ont été formés par isolement d'une partie d'un kanji ayant la même prononciation : ce sont donc des formes simplifiées de caractères chinois, de même que les hiragana. Ils ont été créés pour rendre l'écriture du japonais accessible à ceux qui ne connaissaient pas l'écriture chinoise. Apparus peu de temps après les hiragana (à l'époque Heian), ils servaient à l'origine aux étudiants bouddhistes pour noter la prononciation de caractères chinois inconnus.
Contrairement aux hiragana – qui sont des simplifications cursives des kanji – les katakana sont formés par isolement d'une partie d'un kanji ayant la même prononciation mais écrit en style angulaire.
Heian
Liens vers chacun des kanji :
:阿 伊 字 江 於
:加 幾 久 介 己
:散 之 須 世 曽
:多 千 川 天 止
:奈 仁 奴 祢 乃
:八 比 不 部 保
:末 三 牟 女 毛
:也 由 與
:良 利 流 礼 呂
:和 平
:尓
Utilisation
On écrit en katakana :
- les mots d'origines étrangères, il s'agit le plus souvent de mots anglais :
- ビール bīru : « bière »,
- フランス Furansu : « France »,
- ズボン zubon : « pantalon » (ce mot vient cependant du français « jupon ») ;
- les onomatopées ou petits mots expressifs, très fréquents en japonais (voir aussi à l'article Manga) :
- フアフア fuafua : bruit de ce qui est tendre et moelleux,
- ペコペコ pekopeko : bruit de gargouilli,
- コケコッコ kokekokko : « cocorico » ;
- les noms d'animaux dans les ouvrages scientifiques ; dans l'usage courant, on utilise plutôt les kanji ou les hiragana :
- イルカ iruka : « dauphin »,
- サル saru : « singe » ;
- certains mots japonais peuvent être écrits en katakana pour produire un effet particulier, comme en adoucir le sens. Par exemple, ダメ dame, qui signifie « cela ne convient pas » ou « ce n'est pas possible », terme potentiellement offensif, peut être écrit en katakana pour paraître moins brutal ;
- les mots mis en évidence, à la manière de notre italique.
Tableau des katakana
La romanisation est celle d'Hepburn.
Caractères étendus
Ces combinaisons de katakana servent à noter des mots étrangers utilisant des sons qui n'existent pas dans la langue japonaise.
Ce tableau ne présente pas toutes les combinaisons. Certaines sont en effet très rares ou d'usage critiqué.
Autres caractères
- ー : marque de prolongation du son. Cette marque se place après les voyelles pour noter qu'elles sont longues (voir ci-dessous) ;
- ヽ : marque d'itération. On l'utilise pour éviter de répéter un même katakana. Par exemple, クク pourrait être écrit クヽ ;
- ヾ : marque d'itération pour une syllabe sonore. Ainsi, on peut abréger ググ en グヾ.
Orthographe
Les katakana peuvent s'utiliser pour écrire des mots japonais, dans ce cas les règles orthographiques sont les mêmes que pour les hiragana, notamment pour l'allongement des voyelles (トウキョウ, Toukyou → Tōkyō). Il faut donc noter que le rōmaji – la romanisation du japonais – peut masquer certains faits inhérents à l'écriture en kana.
On utilise comme pour les hiragana les diacritiques ゛ (dakuten) et ゜ (handakuten) pour former des syllabes dérivées ou nigori (カ ka + ゛→ ガ ga).
Noter que bien que cette écriture ne soit pas bicamérale, elle fait usage de caractères de petit format. Ceux-ci servent à créer des syllabes qu'on ne pourrait pas noter, sinon, directement (que ces syllabes existent ou non en japonais). Le kana qui précède n'a alors pas de valeur syllabique pleine (on les lit sans voyelle). Par exemple, ニャ ne se lit pas niya (qu'on écrirait ニヤ) mais nya. Du fait d'évolutions phonétiques, il faut connaître des équivalences qui ne sont pas forcément évidentes : ainsi, チョ vaut phonologiquement chi-yo → chyo mais se lit cho. De plus, le kana ツ tsu, comme en hiragana, sert – en petit format – à noter les consonnes redoublées : ベッド se lit donc beddo, « lit » (de l'anglais bed) et non betsudo.
Quand les katakana servent à transcrire des mots étrangers ou des onomatopées, ils suivent une série de règles supplémentaires :
- tout d'abord, l'allongement de la voyelle se fait systématiquement, pour toutes les voyelles, avec le signe d'allongement de voyelle (ligne horizontale dans le cas de l'écriture horizontale, ligne verticale dans le cas de l'écriture verticale), par exemple : フリー百科事典, furī hyakkajiten (encyclopédie libre) où フリー est en fait le mot anglais free ;
- de nouvelles combinaisons avec les kana de petit format ont été inventées, pour permettre de mieux transcrire des sons qui n'existent pas en japonais; ainsi, fu est rendu par フ, et pour les autres voyelles on utilise ce kana suivi du petit kana de la voyelle : ファ fa, フィ fi, フェ fe, フォ fo ;
- le kana ツ tsu est utilisé de même : ツァ tsa, ツィ tsi, ツェ tse, ツォ tso ;
- pour retranscrire la consonne v absent du japonais, on utilise le kana spécial ヴ vu et, suivant la même méthode, on a ヴァ va, ヴィ vi, ヴェ ve et ヴォ vo (mais cette série est peu utilisée, en général on se contente de ba, bi, bu, be et bo à la place) ;
- le kana u est utilisé pour : ウィ wi, ウェ we, ウォ wo (wu n'existe pas, on utilise tout simplement u à la place ; wa a son propre kana standard : ワ) ;
- les syllabes avec ch (prononcé comme tch français), sh (prononcé comme ch français) s'écrivent :
- pour les voyelles a, u, o, suivant les règles standards comme les hiragana, c'est-à-dire en écrivant le kana avec i suivi d'un petit ya, yu ou yo,
- pour la voyelle e, en plaçant un petit kana e après la syllabe en i : チェ che, シェ she et ジェ je ;
- les syllabes ti et di sont rendues par te ou de suivi d'un petit i : ティ ti et ディ di ;
- enfin, comme en hiragana, les syllabes avec la semi-voyelle y pour les voyelles a, u et o sont possibles pour toutes les consonnes ayant une syllabe en i (sauf ji, shi et chi) en lui ajoutant un petit ya, yu ou yo.
Exemples de mots réels :
- デューティ・フリー dyūti furī, duty free
- ウィキペディア, Wikipedia.
Sens d'écriture des Katakana
semi-voyelle
Les katakana, tout comme les caractères chinois, ont un sens d'écriture défini. Ordre d'écriture des traits qui prend son importance lors de calligraphie japonaise.
Divers
- code ISO 15924 : Kana
Articles connexes
- kana ;
- hiragana ;
- furigana ;
- kanji.
ja:片仮名
ko:가타카나
ms:Katakana
th:คะตะคะนะ
Kanji
Les kanji sont les éléments d'un des trois ensembles de caractères de l'écriture japonaise avec les hiragana et les katakana.
Définition
Les kanji, 漢字, (terme sino-japonais ; en mandarin hànzì) sont les caractères chinois, 字, de la dynastie chinoise 漢 Hàn utilisés en langue japonaise et empruntés aux Chinois1.
Note : dans cet article, kanji restera masculin et invariable. Les transcriptions sont données en rōmaji Hepburn.
Les kanji sont également utilisés en coréen, dont 75% du vocabulaire est d'origine chinoise, mais ont tendance à n'être utilisés que par les personnes âgées et/ou « lettrées ». Chaque pays les utilisant leur a fait subir des simplifications plus ou moins draconiennes. Ainsi, la République de Chine (Taiwan) et la Corée n'ont fait aucune simplification, le Japon a fait des simplifications modérées tandis que la République Populaire de Chine (souvent désigné par le simple terme « Chine » malgré les possibles confusions avec Taïwan) a beaucoup simplifié les sinogrammes. Par conséquent, les mêmes caractères peuvent s'écrire différemment d'une langue à l'autre. Leur qualification d'idéogrammes est grandement erronée : en effet, les idéogrammes ne représentent qu'une infime partie des sinogrammes.
Les kanji sont associés entre eux et avec des signes syllabiques (hiragana et katakana) pour former les phrases japonaises 2. Parfois on utilise des kana de petite taille au-dessus (écriture horizontale) ou à droite (écriture verticale) des kanji pour en spécifier la prononciation. Ces caractères sont alors appelés furigana.
Histoire
Les caractères chinois sont arrivés au Japon vers le , via la Corée. Comme les Japonais n'avaient pas d'écriture, ils ont tenté d'utiliser les caractères chinois non pas seulement pour écrire le chinois, mais aussi leur propre langue. Certains caractères ont été pris dans une valeur purement phonétique, c'est ce qu'on appelle les man'yōgana (万葉仮名), par référence au Man'yōshū (万葉集) un recueil de poèmes du . C'est une diminution drastique du nombre de caractères utilisés phonétiquement (un par son) et une grande simplification et stylisation des traits qui donnèrent naissance aux hiragana (平仮名) et katakana (片仮名) modernes, deux syllabaires interchangeables de 50 signes.
Usage
Les caractères chinois sont donc utilisés pour écrire soit des mots d'origine chinoise, soit des mots japonais; le reste de l'habillage grammatical de la phrase étant écrit phonétiquement avec les kana.
Lectures et prononciations
Les prononciations issues du chinois ont donné ce qu'on appelle les prononciations ON, en japonais on'yomi (音読み, lecture phonétique), tandis que les prononciations issues du japonais sont appelées kun, en japonais kun'yomi (訓読み, lecture explicative).
Pour corser les choses, il peut exister plus d'une lecture ON, suivant l'époque (le chinois ayant évolué) à laquelle elle fut introduite au Japon, ou encore suivant la région de Chine d'où elle est venue. Parmi les lectures ON on distingue ainsi les kan'on (漢音, prononciation des Han), introduits entre le et le , il s'agit du groupe le plus nombreux ; les goon (呉音, prononciation des Wu, importée via la Corée, du sud-est de la Chine), introduisant principalement des termes bouddhistes ; les tōon (唐音, prononciation des Tang), introduits lors de la dynastie Song, il s'agit principalement de termes techniques ; les sōon (宋音, du début de l'ère Song) ; les kan'yōon (慣用音, prononciation usuelle), il s'agit de prononciations erronées qui sont devenues courantes.
Le nouveau dictionnaire de caractères anglais-japonais de Jack Halpern, publié en 1990 y ajoute quelques catégories supplémentaires, non-classiques et moins courantes: les chūon (中音, prononciation chinoise), il s'agit de prononciations inspirées du mandarin moderne ; les gaion (外音, prononciation étrangère), qui ne sont pas issues du chinois, mais d'autres langues (comme l'anglais) ; et les waon (和音, prononciation japonaise) qui sont des prononciations ON crées par analogie de caractères semblables pour les caractères kanji crées par les Japonais et inexistants en chinois, les kokuji (国字, caractères nationaux).
En plus de tout cela, il y a aussi des lectures possibles qui ne sont ni des lectures ON, ni des lectures kun. Il s'agit des ateji (当て字, caractères plaqués) qui ne sont utilisés que phonétiquement (il s'agit donc ici du choix d'une prononciation ON, mais sans référence aucune au sens de cette prononciation). Cet usage est de nos jours tombé en désuétude, on utilise les katakana pour transcrire phonétiquement des mots. En dernière lecture spéciale, on trouve les jukujikun (熟字訓, lecture de caractère spécial), il s'agit d'un mot japonais qui est écrit avec des caractères chinois qui en donnent le sens, mais sans lien entre un caractère donné et une partie du mot ; il se peut même que le mot ainsi écrit ait plus de kanji que de syllabes.
Yaeko S. Habein et Gerald B. Mathias, dans leur "Manuel des Kanji usuels" regroupent les kanji en trois catégories : - 1. Les kanji "à forme de base" provenant de pictogramme, signes unitaires, relativement simples, ne pouvant être décomposés (comme 日: soleil ou 月: lune) - 2. Les kanji de type "composé sémantique", qui résultent de la combinaison de deux ou plusieurs formes de base dont les significations entre en jeu dans le sens du composé (Ex : 明 = 日+月 = lumière) - 3. Kanji du type "composé phonétique" : association d'un élément qui représente un sens et un élément qui représente le son. Par ailleurs, le composant phonétique transmet son sens au nouveau kanji. Cette catégorie est la plus nombreuse (1310 des 1945 jôyô kanji. Ex : 扶 (prononcé fu) = 扌(main) + 夫 [phonétique qui se prononce "fu" et signifie "homme"] : main + homme = aide, soutien).
Les kanji officiels
Au début du des débats sur l'éventualité de reformes orthographiques ont lieu, mais ils sont bloqués par le pouvoir en place, et ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale que les réformes pourront véritablement avoir lieu.
Tout d'abord une reforme de l'usage des caractère syllabiques, dont l'écriture n'était plus du tout phonétique, rendit l'usage des kana conforme à la prononciation actuelle du japonais, à deux petites exceptions près (deux éléments grammaticaux monosyllabiques) toute phrase japonaise peut désormais s'écrire phonétiquement selon des règles simples.
Une reforme des kanji et de leur usage suivra. En 1946 est édictée une liste de kanji d'usage courant, la tōyō kanji (当用漢字), comprenant 1850 caractères. En 1948 on désigne 881 d'entre eux comme devant être connus à la sortie des six ans de scolarité obligatoire, parallèlement, le nombre de lectures de plusieurs caractères est réduit.
En 1949 on simplifie la forme de plusieurs caractères.
En 1951 la tōyō kanji est augmentée de 92 kanji pouvant être utilisés pour les noms propres.
Mais le nombre de caractères (1942) est jugé nettement inapproprié par un grand nombre de Japonais, ainsi que certains choix qui furent faits; certains caractères d'usage rarissime sont dans la liste, alors que d'autres d'usage très courant, comme oreiller ou jour de l'an n'y sont pas. Entre 1973 et 1980 plusieurs ajouts sont faits, et finalement en 1981 le ministère de l'Éducation publie une nouvelle liste de kanji usuels (jōyō kanji, 常用漢字) qui compte un total de 1945 kanji. En avril 1990 est publiée la jinmei kanji (人名漢字, « kanji pour les noms propres »), une liste de 284 caractères supplémentaires acceptables à l'état civil pour les noms et prénoms (soit au total 2229 kanji dit courants). Les mille six (1006) premiers kanji que les Japonais apprennent au primaire (et qui font parti des jōyō kanji) constitue la gakunenbetsu kanji haitōhyō (学年別漢字配当表, « liste des kanji par niveaux scolaires »).
En dehors de la liste officielle des kanji d'usage courant, il en existe beaucoup d'autres utilisés dans des domaines spécialisés (médecine, philosophie...), ou pour des noms de personnes et de lieux ; un bon dictionnaire de kanji en répertorie plus de 4 000. Le standard JISX0208 actualisé en 1990 définit un jeu de caractères informatique de 6 879 caractères, dont 6 355 kanji répartis en deux blocs, le premier inclut 2 965 kanji usuels arrangés par ordre de lecture la plus fréquente, le deuxième bloc inclut 3 390 kanji arrangés par radical et par nombre de traits. La même année est sorti le standard JISX0212 qui définit un jeu de caractères supplémentaires à utiliser en conjonction du précédent, et qui comprend 6 067 caractères supplémentaires dont 5 081 kanji. Autrement dit, sur un ordinateur avec un support moderne du japonais, on a à disposition pas moins de 11 436 kanji différents.
Apprentissage
1990
La connaissance d'un grand nombre de kanji est une marque de culture et d'érudition ; les professeurs de littérature peuvent connaître jusqu'à dix mille kanji. Dans les publications officielles, les kanji non-officiels doivent être accompagnés d'un guide de lecture (petits caractères hiragana ou katakana sur le côté dans le cas de l'écriture en colonne et au-dessus dans le cas de l'écriture en ligne, dans cet emploi on parle de furigana).
L'étude des kanji demande beaucoup de travail, ainsi qu'une pratique constante. En effet, pour chaque kanji, il faut mémoriser :
- le dessin des traits : l'ordre et la manière de dessiner ces traits sont importants. Il est aussi important d'en connaître le nombre et de savoir y repérer la clef (voir plus loin) ;
- les lectures ou prononciations. Outre qu'il y a deux types de lecture, la lecture on, héritée du chinois, et la lecture kun héritée du morphème japonais associé au signe lors de son adaptation au japonais, certains caractères peuvent avoir plusieurs prononciations différentes; dans certains cas extrêmes, heureusement rares, on a plus de vingt prononciations différentes ;
- la ou les significations, et la prononciation à laquelle elle se rattache.
Classification
Les kanji peuvent être classés dans un dictionnaire principalement selon :
- leur clé ;
- leur nombre de traits.
Les clefs correspondent à une partie du caractère qui permet de regrouper des kanji. On en compte traditionnellement 214, mais certains dictionnaires fonctionnent avec un nombre de clés plus réduit.
D'autres critères de classement plus modernes existent, tels que la méthode SKIP qui consiste à reconnaître l'agencement entre les éléments constituants, la méthode des 5 traits, surtout utilisée en chinois, qui se base sur l'orientation du premier trait du kanji.
La plupart du temps, des index combinant ces critères permettent de trouver le caractère souhaité.
On trouve aussi de nos jours des dictionnaires électroniques qui utilisent le numéro de code informatique (dans les standard JIS ou Unicode) comme critère de classement et de recherche, ou encore qui permettent une reconnaissance à partir d'un caractère tracé à la main ou à la souris.
Informations détaillées sur chaque kanji
Vous pouvez obtenir des informations détaillées sur un kanji en particulier dans wikipedia en le retrouvant dans une des listes de kanji:
- Classements:
- par nombre de traits
- par clé
- par niveau scolaire
- par code SKIP
- Listes officielles:
- tōyō kanji
- jōyō kanji
- kyōiku kanji
- Gakunenbetsu kanji haitōhyō (liste par niveau scolaire)
Exemples
Exemple de kanji : 木 (voir à 木 pour la décomposition du tracé et plus d'informations)
:Signification : arbre, bois (matière)
:Prononciations : BOKU / MOKU / ki (suivant les conventions en la matière, les prononciations on sont en majuscules, les prononciations kun en minuscules)
:Clé : 木 (l'arbre)
:Nombre de traits : 4
:Exemples de mots : 木 (ki) arbre, 木星 (mokusei) Jupiter (ici c'est le sens « bois », dans son sens d'un des 5 éléments :(feu, eau, bois, métal, terre), la planète de l'élément bois est Jupiter), 木曜日 (mokuyōbi) jeudi (le jour de Jupiter)
Autre exemple : 本 (voir à 本)
:Signification : livre, racine, base, origine, compteur pour objets cylindriques
:Prononciations : HON / moto
:Clé : 木 (l'arbre)
:Nombre de traits : 5
:Exemples de mots : 本 (hon) livre, 山本 (yamamoto) nom propre, ビール二本 (biiru nihon) deux (cannettes ou bouteilles) de bière
Autre exemple : 日 (voir à 日)
:Signification : soleil, jour
:Prononciation : NICHI / JITSU / hi / bi
:Clé : 日 (soleil)
:Nombre de traits : 4
:Exemples de mots : 日本 (nihon) Japon, 本日 (honjitsu) ce jour, 毎日 (mainichi) tous les jours, 朝日 (asahi) soleil levant, aurore, 日曜日 (nichiyōbi) dimanche. Dans ce dernier mot, on peut voir que le kanji apparaît deux fois, avec deux prononciations et deux sens différents (soleil et jour). On peut voir aussi que le caractère du milieu (signifiant jour de la semaine) a la clé du soleil/jour, car il a un sens en rapport avec la notion de jour.
Voir aussi
Articles connexes
- Sinogramme
- Liste de kanji classés par nombre de traits
- Liste de kanji classés par clé
- Kana
- Rōmaji
- Furigana
Liens externes
- [http://kanji.free.fr Dictionnaire des kanji japonais]
- [http://www.animelab.com/anime.manga/kanji Guide des Kanji Japonais] Classés par grade (Jouyou Grades)
- [http://pages.infinit.net/hapax/pdf/Chapitre-11.pdf Description des écritures CJC]
- [http://pages.infinit.net/hapax Tableaux des kanji codés dans Unicode et l'ISO/CEI 10646]
- [http://www.kanjiroushi.net kanjiroushi] site internet d'aide à l'apprentissage des kanjis. Dictionnaire de kanji, mots et phrases japonaises.
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Notes :
1 : en Chinois, ces caractères se nomment hanzi.
2 : la présence de kanji n'est pas obligatoire. Des mots n'en contiennent pas.
Catégorie:Langue japonaise
-
Catégorie:Écriture logographique
ja:日本における漢字
ms:Kanji
More (phonologie)
La more est un son élémentaire émis lors de la phonation (voir phonologie). Son nom provient du latin mora signifiant "retard" ou "délai". Comme beaucoup de termes techniques linguistiques, sa définition exacte fait l'objet de discussions.
Il s'agit d'une notion plus fine que celle de syllabe. Dans les langues syllabiques, chaque syllabe est constituée d'une ou plusieurs mores, qui en déterminent le poids, ce dernier déterminant à son tour l'accent tonique du mot, ou son rythme. Dans certaines langues, dites moriques, la notion de syllabe n'existe d'ailleurs pas.
Une syllabe contenant une seule more est dite monomorique (ou monomoraïque); si elle est composée de deux mores, elle est appelée bimorique (ou bimoraïque).
En général, les mores sont formées de la façon suivante :
# L'attaque (la ou les première(s) consonne(s) de la syllabe) ne représente aucune more.
# Le noyau représente une more dans le cas d'une voyelle brève, et deux mores dans le cas d'une voyelle longue ou d'une diphtongue. Les consonnes servant de noyaux syllabiques représentent également une more pour les brèves, et deux pour les longues (le slovaque est un exemple de langue qui possède à la fois des noyaux consonantiques brefs et longs).
# Dans quelques langues (comme le japonais), la coda représente une more, mais dans d'autres (comme l'irlandais) ce n'est pas le cas. En anglais, il est clair que les codas des syllabes accentuées représentent une more (ainsi, le mot cat est bimorique), mais ce l'est beaucoup moins pour les codas des syllabes non accentuées (par exemple la seconde syllabe du mot rabbit pourrait être monomorique).
# Dans quelques langues, une syllabe dont le noyau est constitué d'une voyelle longue ou d'une diphtongue, et la coda d'une ou plusieurs consonnes est dite trimorique (ou trimoraïque).
En général, les syllabes monomoriques sont dites syllabes légères, les bimoriques syllabes lourdes, et les trimoriques (dans les langues qui en possèdent) syllabes extra-lourdes. La plupart des linguistes pensent qu'aucune langue n'utilise de syllabes contenant quatre mores ou plus.
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# Le japonais est un exemple de langue morique. La plupart de ses dialectes, y compris le japonais "standard", utilisent les mores plutôt que les syllabes comme base du système vocal. Par exemple, la poésie haiku en japonais ne suit pas la règle "5 syllabes / 7 syllabes / 5 syllabes", comme on le croit généralement, mais plutôt le modèle "5 mores / 7 mores / 5 mores".
ja:モーラ
Catégorie:Linguistique
Kanji
Les kanji sont les éléments d'un des trois ensembles de caractères de l'écriture japonaise avec les hiragana et les katakana.
Définition
Les kanji, 漢字, (terme sino-japonais ; en mandarin hànzì) sont les caractères chinois, 字, de la dynastie chinoise 漢 Hàn utilisés en langue japonaise et empruntés aux Chinois1.
Note : dans cet article, kanji restera masculin et invariable. Les transcriptions sont données en rōmaji Hepburn.
Les kanji sont également utilisés en coréen, dont 75% du vocabulaire est d'origine chinoise, mais ont tendance à n'être utilisés que par les personnes âgées et/ou « lettrées ». Chaque pays les utilisant leur a fait subir des simplifications plus ou moins draconiennes. Ainsi, la République de Chine (Taiwan) et la Corée n'ont fait aucune simplification, le Japon a fait des simplifications modérées tandis que la République Populaire de Chine (souvent désigné par le simple terme « Chine » malgré les possibles confusions avec Taïwan) a beaucoup simplifié les sinogrammes. Par conséquent, les mêmes caractères peuvent s'écrire différemment d'une langue à l'autre. Leur qualification d'idéogrammes est grandement erronée : en effet, les idéogrammes ne représentent qu'une infime partie des sinogrammes.
Les kanji sont associés entre eux et avec des signes syllabiques (hiragana et katakana) pour former les phrases japonaises 2. Parfois on utilise des kana de petite taille au-dessus (écriture horizontale) ou à droite (écriture verticale) des kanji pour en spécifier la prononciation. Ces caractères sont alors appelés furigana.
Histoire
Les caractères chinois sont arrivés au Japon vers le , via la Corée. Comme les Japonais n'avaient pas d'écriture, ils ont tenté d'utiliser les caractères chinois non pas seulement pour écrire le chinois, mais aussi leur propre langue. Certains caractères ont été pris dans une valeur purement phonétique, c'est ce qu'on appelle les man'yōgana (万葉仮名), par référence au Man'yōshū (万葉集) un recueil de poèmes du . C'est une diminution drastique du nombre de caractères utilisés phonétiquement (un par son) et une grande simplification et stylisation des traits qui donnèrent naissance aux hiragana (平仮名) et katakana (片仮名) modernes, deux syllabaires interchangeables de 50 signes.
Usage
Les caractères chinois sont donc utilisés pour écrire soit des mots d'origine chinoise, soit des mots japonais; le reste de l'habillage grammatical de la phrase étant écrit phonétiquement avec les kana.
Lectures et prononciations
Les prononciations issues du chinois ont donné ce qu'on appelle les prononciations ON, en japonais on'yomi (音読み, lecture phonétique), tandis que les prononciations issues du japonais sont appelées kun, en japonais kun'yomi (訓読み, lecture explicative).
Pour corser les choses, il peut exister plus d'une lecture ON, suivant l'époque (le chinois ayant évolué) à laquelle elle fut introduite au Japon, ou encore suivant la région de Chine d'où elle est venue. Parmi les lectures ON on distingue ainsi les kan'on (漢音, prononciation des Han), introduits entre le et le , il s'agit du groupe le plus nombreux ; les goon (呉音, prononciation des Wu, importée via la Corée, du sud-est de la Chine), introduisant principalement des termes bouddhistes ; les tōon (唐音, prononciation des Tang), introduits lors de la dynastie Song, il s'agit principalement de termes techniques ; les sōon (宋音, du début de l'ère Song) ; les kan'yōon (慣用音, prononciation usuelle), il s'agit de prononciations erronées qui sont devenues courantes.
Le nouveau dictionnaire de caractères anglais-japonais de Jack Halpern, publié en 1990 y ajoute quelques catégories supplémentaires, non-classiques et moins courantes: les chūon (中音, prononciation chinoise), il s'agit de prononciations inspirées du mandarin moderne ; les gaion (外音, prononciation étrangère), qui ne sont pas issues du chinois, mais d'autres langues (comme l'anglais) ; et les waon (和音, prononciation japonaise) qui sont des prononciations ON crées par analogie de caractères semblables pour les caractères kanji crées par les Japonais et inexistants en chinois, les kokuji (国字, caractères nationaux).
En plus de tout cela, il y a aussi des lectures possibles qui ne sont ni des lectures ON, ni des lectures kun. Il s'agit des ateji (当て字, caractères plaqués) qui ne sont utilisés que phonétiquement (il s'agit donc ici du choix d'une prononciation ON, mais sans référence aucune au sens de cette prononciation). Cet usage est de nos jours tombé en désuétude, on utilise les katakana pour transcrire phonétiquement des mots. En dernière lecture spéciale, on trouve les jukujikun (熟字訓, lecture de caractère spécial), il s'agit d'un mot japonais qui est écrit avec des caractères chinois qui en donnent le sens, mais sans lien entre un caractère donné et une partie du mot ; il se peut même que le mot ainsi écrit ait plus de kanji que de syllabes.
Yaeko S. Habein et Gerald B. Mathias, dans leur "Manuel des Kanji usuels" regroupent les kanji en trois catégories : - 1. Les kanji "à forme de base" provenant de pictogramme, signes unitaires, relativement simples, ne pouvant être décomposés (comme 日: soleil ou 月: lune) - 2. Les kanji de type "composé sémantique", qui résultent de la combinaison de deux ou plusieurs formes de base dont les significations entre en jeu dans le sens du composé (Ex : 明 = 日+月 = lumière) - 3. Kanji du type "composé phonétique" : association d'un élément qui représente un sens et un élément qui représente le son. Par ailleurs, le composant phonétique transmet son sens au nouveau kanji. Cette catégorie est la plus nombreuse (1310 des 1945 jôyô kanji. Ex : 扶 (prononcé fu) = 扌(main) + 夫 [phonétique qui se prononce "fu" et signifie "homme"] : main + homme = aide, soutien).
Les kanji officiels
Au début du des débats sur l'éventualité de reformes orthographiques ont lieu, mais ils sont bloqués par le pouvoir en place, et ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale que les réformes pourront véritablement avoir lieu.
Tout d'abord une reforme de l'usage des caractère syllabiques, dont l'écriture n'était plus du tout phonétique, rendit l'usage des kana conforme à la prononciation actuelle du japonais, à deux petites exceptions près (deux éléments grammaticaux monosyllabiques) toute phrase japonaise peut désormais s'écrire phonétiquement selon des règles simples.
Une reforme des kanji et de leur usage suivra. En 1946 est édictée une liste de kanji d'usage courant, la tōyō kanji (当用漢字), comprenant 1850 caractères. En 1948 on désigne 881 d'entre eux comme devant être connus à la sortie des six ans de scolarité obligatoire, parallèlement, le nombre de lectures de plusieurs caractères est réduit.
En 1949 on simplifie la forme de plusieurs caractères.
En 1951 la tōyō kanji est augmentée de 92 kanji pouvant être utilisés pour les noms propres.
Mais le nombre de caractères (1942) est jugé nettement inapproprié par un grand nombre de Japonais, ainsi que certains choix qui furent faits; certains caractères d'usage rarissime sont dans la liste, alors que d'autres d'usage très courant, comme oreiller ou jour de l'an n'y sont pas. Entre 1973 et 1980 plusieurs ajouts sont faits, et finalement en 1981 le ministère de l'Éducation publie une nouvelle liste de kanji usuels (jōyō kanji, 常用漢字) qui compte un total de 1945 kanji. En avril 1990 est publiée la jinmei kanji (人名漢字, « kanji pour les noms propres »), une liste de 284 caractères supplémentaires acceptables à l'état civil pour les noms et prénoms (soit au total 2229 kanji dit courants). Les mille six (1006) premiers kanji que les Japonais apprennent au primaire (et qui font parti des jōyō kanji) constitue la gakunenbetsu kanji haitōhyō (学年別漢字配当表, « liste des kanji par niveaux scolaires »).
En dehors de la liste officielle des kanji d'usage courant, il en existe beaucoup d'autres utilisés dans des domaines spécialisés (médecine, philosophie...), ou pour des noms de personnes et de lieux ; un bon dictionnaire de kanji en répertorie plus de 4 000. Le standard JISX0208 actualisé en 1990 définit un jeu de caractères informatique de 6 879 caractères, dont 6 355 kanji répartis en deux blocs, le premier inclut 2 965 kanji usuels arrangés par ordre de lecture la plus fréquente, le deuxième bloc inclut 3 390 kanji arrangés par radical et par nombre de traits. La même année est sorti le standard JISX0212 qui définit un jeu de caractères supplémentaires à utiliser en conjonction du précédent, et qui comprend 6 067 caractères supplémentaires dont 5 081 kanji. Autrement dit, sur un ordinateur avec un support moderne du japonais, on a à disposition pas moins de 11 436 kanji différents.
Apprentissage
1990
La connaissance d'un grand nombre de kanji est une marque de culture et d'érudition ; les professeurs de littérature peuvent connaître jusqu'à dix mille kanji. Dans les publications officielles, les kanji non-officiels doivent être accompagnés d'un guide de lecture (petits caractères hiragana ou katakana sur le côté dans le cas de l'écriture en colonne et au-dessus dans le cas de l'écriture en ligne, dans cet emploi on parle de furigana).
L'étude des kanji demande beaucoup de travail, ainsi qu'une pratique constante. En effet, pour chaque kanji, il faut mémoriser :
- le dessin des traits : l'ordre et la manière de dessiner ces traits sont importants. Il est aussi important d'en connaître le nombre et de savoir y repérer la clef (voir plus loin) ;
- les lectures ou prononciations. Outre qu'il y a deux types de lecture, la lecture on, héritée du chinois, et la lecture kun héritée du morphème japonais associé au signe lors de son adaptation au japonais, certains caractères peuvent avoir plusieurs prononciations différentes; dans certains cas extrêmes, heureusement rares, on a plus de vingt prononciations différentes ;
- la ou les significations, et la prononciation à laquelle elle se rattache.
Classification
Les kanji peuvent être classés dans un dictionnaire principalement selon :
- leur clé ;
- leur nombre de traits.
Les clefs correspondent à une partie du caractère qui permet de regrouper des kanji. On en compte traditionnellement 214, mais certains dictionnaires fonctionnent avec un nombre de clés plus réduit.
D'autres critères de classement plus modernes existent, tels que la méthode SKIP qui consiste à reconnaître l'agencement entre les éléments constituants, la méthode des 5 traits, surtout utilisée en chinois, qui se base sur l'orientation du premier trait du kanji.
La plupart du temps, des index combinant ces critères permettent de trouver le caractère souhaité.
On trouve aussi de nos jours des dictionnaires électroniques qui utilisent le numéro de code informatique (dans les standard JIS ou Unicode) comme critère de classement et de recherche, ou encore qui permettent une reconnaissance à partir d'un caractère tracé à la main ou à la souris.
Informations détaillées sur chaque kanji
Vous pouvez obtenir des informations détaillées sur un kanji en particulier dans wikipedia en le retrouvant dans une des listes de kanji:
- Classements:
- par nombre de traits
- par clé
- par niveau scolaire
- par code SKIP
- Listes officielles:
- tōyō kanji
- jōyō kanji
- kyōiku kanji
- Gakunenbetsu kanji haitōhyō (liste par niveau scolaire)
Exemples
Exemple de kanji : 木 (voir à 木 pour la décomposition du tracé et plus d'informations)
:Signification : arbre, bois (matière)
:Prononciations : BOKU / MOKU / ki (suivant les conventions en la matière, les prononciations on sont en majuscules, les prononciations kun en minuscules)
:Clé : 木 (l'arbre)
:Nombre de traits : 4
:Exemples de mots : 木 (ki) arbre, 木星 (mokusei) Jupiter (ici c'est le sens « bois », dans son sens d'un des 5 éléments :(feu, eau, bois, métal, terre), la planète de l'élément bois est Jupiter), 木曜日 (mokuyōbi) jeudi (le jour de Jupiter)
Autre exemple : 本 (voir à 本)
:Signification : livre, racine, base, origine, compteur pour objets cylindriques
:Prononciations : HON / moto
:Clé : 木 (l'arbre)
:Nombre de traits : 5
:Exemples de mots : 本 (hon) livre, 山本 (yamamoto) nom propre, ビール二本 (biiru nihon) deux (cannettes ou bouteilles) de bière
Autre exemple : 日 (voir à 日)
:Signification : soleil, jour
:Prononciation : NICHI / JITSU / hi / bi
:Clé : 日 (soleil)
:Nombre de traits : 4
:Exemples de mots : 日本 (nihon) Japon, 本日 (honjitsu) ce jour, 毎日 (mainichi) tous les jours, 朝日 (asahi) soleil levant, aurore, 日曜日 (nichiyōbi) dimanche. Dans ce dernier mot, on peut voir que le kanji apparaît deux fois, avec deux prononciations et deux sens différents (soleil et jour). On peut voir aussi que le caractère du milieu (signifiant jour de la semaine) a la clé du soleil/jour, car il a un sens en rapport avec la notion de jour.
Voir aussi
Articles connexes
- Sinogramme
- Liste de kanji classés par nombre de traits
- Liste de kanji classés par clé
- Kana
- Rōmaji
- Furigana
Liens externes
- [http://kanji.free.fr Dictionnaire des kanji japonais]
- [http://www.animelab.com/anime.manga/kanji Guide des Kanji Japonais] Classés par grade (Jouyou Grades)
- [http://pages.infinit.net/hapax/pdf/Chapitre-11.pdf Description des écritures CJC]
- [http://pages.infinit.net/hapax Tableaux des kanji codés dans Unicode et l'ISO/CEI 10646]
- [http://www.kanjiroushi.net kanjiroushi] site internet d'aide à l'apprentissage des kanjis. Dictionnaire de kanji, mots et phrases japonaises.
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Notes :
1 : en Chinois, ces caractères se nomment hanzi.
2 : la présence de kanji n'est pas obligatoire. Des mots n'en contiennent pas.
Catégorie:Langue japonaise
-
Catégorie:Écriture logographique
ja:日本における漢字
ms:Kanji
Particule en japonaisCatégorie:Langue japonaise
Le japonais utilise des particules pour indiquer la fonction des mots (sujet, complément d'objet direct, etc).
La particule de thématisation (は)
La particule de thématisation indique le thème de la phrase. Elle est placée après le groupe nominal qui est thématisé, et se note は (ha). Attention ! Elle se prononce わ (wa) et s'écrit wa en Hepburn.
Cette notion n'a rien à voir a priori avec celle de sujet du verbe : il est possible de thématiser n'importe quel groupe nominal de la phrase et cela permet de montrer sur quel élément on cherche à donner des informations.
Thématisation du sujet grammatical
C'est le cas le plus fréquent.
わたしはパンを食べます。
Watashi wa pan o tabemasu.
« Je mange du pain. »
田中さんは本を読みます。
Tanaka-san wa hon o yomimasu.
« M. Tanaka lit un livre. »
この本は、読んだことがありますか。
Kono hon wa, yonda koto ga arimasu ka?
« Avez-vous lu ce livre ? » ou, littéralement, « Ce livre, vous l'avez lu ? »
きょうは良いお天気ですね。
Kyō wa, ii otenki desu ne.
« Il fait beau aujourd'hui, n'est-ce-pas ? » ou, littéralement, « Aujourd'hui, il fait beau, n'est-ce pas ? »
Thématisation du complément circonstanciel de lieu
大学には、学生がいます。
Daigaku ni wa, gakusei ga imasu.
« Il y a des étudiants dans les universités. »
La particule sujet (が)
La particule が (ga) permet d'indiquer le sujet grammatical de la phrase. Pour les débutants, cette particule est parfois difficile à distinguer de la particule は (wa) qui indique le thème de la phrase.
Sujet grammatical strict
Employé quasiment tout le temps avec certains verbes, de manière figée, et assez souvent avec les adjectifs.
雨が降っています。
Ame ga futte imasu.
« La pluie tombe. »
これがひどい。
Kore ga hidoi.
« C'est atroce. »
Pseudo-objet
Peut être employé comme COD français dans le cas d'adjectifs traduits par des verbes.
この赤いりんごが欲しいです。
Kono akai ringo ga hoshii desu.
« Je veux cette pomme rouge. » ou, littéralement « Cette pomme rouge est désirée. »
La particule objet (を)
Attention ! Elle se prononce お (o) et s'écrit o en Hepburn.
Complément d'objet direct (COD)
Cas le plus fréquent.
苺を食べます。
Ichigo o tabemasu.
« Je mange une fraise. »
Lieu par lequel on passe
公園を行きます。
Kōen o ikimasu.
« Je passe par le parc. »
Origine d'un mouvement
公園を出ます。
Kōen o demasu.
« Je sors du parc. »
Cause d'une émotion humaine
JEANは父の死を悲しみました。
Jean wa chichi no shi o kanashimimashita.
« Jean a été atristé par la mort de son père. »
La particule de but (に)
Lieu ponctuel où quelque chose existe
家に猫がいます。
Uchi ni neko ga imasu.
« Il y a un chat chez moi. »
But d'un mouvement
日本に行きたいです。
Nihon ni ikitai desu.
« Je veux aller au Japon. »
Complément d'objet indirect (COI)
妹は私にりんごをくれました。
Imōto wa watashi ni ringo o kuremashita.
« Ma petite sœur m'a donné une pomme. »
But d'une action
デパートへ野菜を買いに行きます。
Depāto e yasai o kai ni ikimasu.
« Je vais au magasin acheter des légumes. »
Support d'une action
紙に羊を書いてください。
Kami ni hitsuji o kaite kudasai.
« Dessine un mouton sur le papier, s'il te plaît. »
Agent dans les phrases passives
私は、弟にりんごを食べられました。
Watashi wa, otōto ni ringo o taberaremashita.
« Ma pomme a été mangée par mon frère. »
Agent dans les phrases causatives
私は、弟にりんごを食べさせます。
Watashi wa, otōto ni ringo o tabesasemasu.
« Je fais manger des pommes à mon petit frère. »
La particule de direction (へ)
Indique la direction vague vers laquelle on va. Attention ! Elle se prononce え (e) et s'écrit e en Hepburn.
日本へ行きたい。
Nihon e ikitai.
« Je veux aller au Japon. »
La particule de possession (の)
Complément du nom
La syntaxe est assez simple :
Possesseur + の + Possédé
隣の車は青いです。
Tonari no kuruma wa aoi desu.
« La voiture du voisin est bleue. »
Attention, le possédé peut être aussi possesseur !
隣の家の窓を閉じました。
Tonari no ie no mado o tojimashita.
« J'ai fermé les fenêtres de la maison du voisin. »
Il convient de se souvenir qu'il s'agit de l'ordre inverse du français.
Pronom personnel
Les pronoms possessifs n'existent pas, on les remplace par le pronom personnel mis en position de complément.
私の車は赤いです。
Watashi no kuruma wa akai desu.
« Ma voiture est rouge. »
Pronom indéfini
おいしいのを食べます。
Oishii no o tabemasu.
« J'en mange une de délicieuse. »
Particule de substantivation
Correspond en gros à notre le fait de.
りんごを食べるのが好きです。
Ringo o taberu no ga suki desu.
« J'aime manger des pommes. » ou, littéralement «Le fait de manger des pommes est aimé. »
Particule finale emphatique/explicative
Il s'agit de la contraction d'un のです (nodesu) qui confère à la phrase une nuance emphatique ou explicative (correspond à peu près à C'est que) ; l'expression appartient au registre familier.
そのりんごはとても美味しいの。
Sono ringo wa totemo oishii no.
« Cette pomme est délicieuse, tu sais. » ou littéralement, « Le fait est que cette pomme est délicieuse. »
Particule finale interrogative
Employé par les femmes et les enfants.
どうして泣いているの?
Dō shite naite iru no?
« Pourquoi pleures-tu? »
Remplacement du が
Lorsqu'on est dans une proposition subordonnée relative, on peut remplacer le が sujet de cette proposition par un の.
La particule de moyen (で)
Lieu où se passe une action
Cet emploi ne doit pas être confondu avec celui de la particule に. En japonais, on distingue grammaticalement le lieu où quelque chose existe (particule に) et le lieu où l'on réalise une action (particule で).
だいどころで御飯を作っています。
Daidokoro de gohan o tsukutte imasu.
« Je suis en train de faire le repas dans la cuisine. »
Complément de moyen
お兄さんは、バスで大学に行きます。
Oniisan wa, basu de daigaku ni ikimasu.
« Mon grand frère va à l'université en bus. »
Complément de cause
病気でりんごを食べません。
Byōki de ringo o tabemasen.
« Je ne mange pas de pomme à cause de ma maladie. »
Complément de temps écoulé
Encore à opposer à に, car il s'agit ici d'un complément de temps pris dans sa globalité (=pendant).
十五分でりんごを食べました。
jūgofun de ringo o tabemashita.
« J'ai mangé la pomme en 15 minutes. »
La particule interrogative (か)
Marqueur interrogatif
Elle remplace notre point d'interrogation. De de nos jours, on peut les trouver couplés (mais cette pratique est va à l'encontre de la typographie japonaise). On trouve aussi le point d'interrogation seul dans des énoncés familiers, prononcés avec l'intonation montante.
何をしていますか。
Nani o shite imasu ka.
« Que faites vous? »
Elle a une forme familière en かい kai, qui admet le point d'interrogation.
なにしてるのかい?
Nani shite ru no kai?
« Qu'est-ce qu'tu fabriques? »
Alternative
Elle correspond à la conjonction « ou ».
りんごか あんずか を かいます.
ringo ka anzu ka o kaimasu.
« Achetons des pommes ou des abricots. »
Particules à valeur modale
Ce sont des particules qui se placent généralement à la fin de la phrase , reflètent la classe sociale, le sexe, l'état d'esprit, et le groupe sanguin du locuteur (Non, là je vous fais marcher! Quoique...), relèvent souvent du langage familier et sont quasiment intraduisibles. Il en existe de nombreuses variantes, propres à chaque dialecte et à chaque locuteur.
Le よ
Particule à forte valeur emphatique. Utilisé aussi bien par les hommes que par les femmes, ne possède pas de caractère familier.
このりんごをたべたいよ。
Kono ringo wo tabetai yo.
« Moi, je veux manger cette pomme. »
- Variante très familière voire vulgaire (masculine) : ぞ
- Variante samurai ou yakuza : ぜ
Le ね
Particule d'accord attendu avec le locuteur. Correspondrait à « n'est-ce pas » (ou à « hein » de manière familière). Il s'agit surtout d'un message phatique, destiné à vérifier que votre interlocuteur vous écoute. Utilisé par les hommes comme par les femmes.
面白いね!
Omoshiroi ne!
« C'est intéressant, pas vrai? »
Elle peut aussi être utilisée seule.
ね、ね、ね?
Ne, ne, ne?
« Hein, hein, hein? »
Le わ
Particule d'atténuation féminine.
残念だわ!
Zannenda wa!
« Dommage! »
Le さ
Particule d'atténuation masculine.
Le な
Particule qui montre que le locuteur se parle à lui-même. Utilisation mixte.
おもしろいな。
Omoshiroi na.
« Tiens, c'est intéressant. »
- Variante plus pensive : なあ
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Grammaire japonaise | Japon | Japonais
MorphèmeEn linguistique, on définit généralement un morphème comme la plus petite unité de son porteuse de sens qu'il soit possible d'isoler dans un énoncé. De même que le phonème, le morphème est une entité abstraite susceptible de se réaliser de plusieurs manières dans la chaîne parlée.
Par exemple, en finnois, le morphème exprimant l'inessif (c'est-à-dire la désinence indiquant que l'on situe le nom à l'intérieur d'un lieu) peut se réaliser selon les mots de deux manières différentes, selon l'harmonie vocalique : -ssa ou -ssä. Ainsi, talossa « dans la maison », mais päässä « dans la tête » ; on notera par convention ce morphème sous la forme -ssA (où A est une variable pouvant prendre les valeurs a ou ä), et on dira que -ssa et -ssä sont les morphes (ou les allomorphes) de -ssA.
Typologie des morphèmes
Morphèmes lexicaux ou grammaticaux
Il existe deux grandes catégories de morphèmes : les morphèmes lexicaux (ou lexèmes) et les morphèmes grammaticaux. Dans la terminologie de la linguistique fonctionnelle d'André Martinet, ces deux catégories sont regroupées sous le nom de monème, et le terme de morphème est réservé aux seuls morphèmes grammaticaux.
Les morphèmes grammaticaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe fermée, tels que « tu », « à », « et », etc.
Les morphèmes lexicaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe ouverte, tels que « lave », « vite », « lune », etc.
Morphèmes liés ou libres
On peut dire d'un morphème qu'il est :
- lié s'il ne se manifeste pas comme lemme et n'existe jamais à l'état libre, mais est toujours rattaché à un autre morphème appelé base : comme -ons dans ouvr-ons ou re- dans re-faire ;
- libre s'il peut constituer un mot : le ou beau sont libres ;
On distingue deux classes de morphèmes liés : les morphèmes dérivationnels et les morphèmes flexionnels.
Morphèmes dérivationnels
Les morphèmes dérivationnels servent à la création de nouveaux mots lexicaux par dérivation. Ils sont appelés affixes.
On distingue deux types principaux de morphèmes dérivationnels selon deux critères : la place qu'ils occupent par rapport à la base lexicale sur laquelle ils se greffent et leur effet sur la catégorie de la base.
- Les préfixes sont des affixes qui sont antéposés à la base, tel que « dé » dans « défaire » et « re » dans « refaire ». Les préfixes ne provoquent jamais de changement de catégorie grammaticale de la base.
- Les suffixes sont des affixes qui sont postposés à la base, tel que « ment » dans « agréablement » et « able » dans « mangeable ». Les suffixes peuvent entrainer un changement de catégorie grammaticale de la base.
La dérivation peut s'opérer à la fois par une préfixation et une suffixation, et l'on parle alors de dérivation parasynthétique.
Morphèmes flexionnels
Les morphèmes flexionnels indiquent la relation que la base à laquelle ils s'ajoutent entretient avec les autres unités de l'énoncé.
On distingue deux types principaux de flexions selon la catégorie de la base :
- les flexions qui concernent les bases nominales, adjectivales et pronominales. Elles sont de trois sortes en français : le genre, le nombre et les cas.
- les flexions verbales qui correspondent à la conjugaison des verbes. Elles ont pour fonction de marquer la personne, le nombre, le temps, le mode et la voix.
Un morphème flexionnel ne modifie jamais la catégorie de la base à laquelle il s'adjoint, contrairement aux morphèmes dérivationnels.
Morphèmes autonomes ou dépendants
On peut dire d'un morphème qu'il est
- autonome, s'il peut constituer un énoncé à lui seul (comme une réponse à une question) et ne dépend pas forcément d'autres éléments : rouge, ville ;
- dépendant, s'il est lié à d'autres mots de la phrase (qu'ils soient présents ou supposés) qu'il sert à construire : de, il, avec, demain. Noter que si avec peut à lui seul constituer un énoncé valide (Ton café, avec ou sans sucre ? Avec.), il faut tout de même sous-entendre un autre terme. Il reste dépendant. De même pour demain, qui nécessite une situation de communication : « demain par rapport au moment où je parle ».
Morphologie des morphèmes
On peut distinguer les morphèmes selon leur morphologie.
Morphèmes à signifiant discontinu
Les morphèmes à signifiant discontinu sont formés d'une succession d'éléments répartis à plusieurs endroits dans un énoncé.
- « Il ne sait pas » est composé notamment d'un morphème discontinu « ne (...) pas » qui indique la négation ;
- « Il a mangé » comporte un morphème discontinu « a (...) é » qui indique le temps du passé composé.
Morphèmes amalgamés en un seul signifiant
Certains morphèmes s'amalgament un seul signfiant :
- dans l'énoncé « Aller au marché », « au » est un amalgame des morphèmes « à » et « le » ;
- dans l'énoncé « La niche du chien », « du » est un amalgame des morphèmes « de » et « le ».
Morphèmes à signifiant zéro
Les morphèmes à signifiant zéro sont des morphèmes non marqués, c'est-à-dire des silences qui signifient quelque chose. Si l'on compare les trois énoncés suivants, leur transcription phonétique et leur découpage et morphèmes :
- mangions /mɑ̃ʒ-j-ɔ̃/ ;
- mangerons /mɑ̃ʒ-r-ɔ̃/ ;
- mangeons /mɑ̃ʒ-Ø-ɔ̃/.
on peut considérer que mangeons comporte un morphème à signifiant zéro indiquant le présent par opposition aux morphèmes /j/ et /r/ qui indiquent respectivement l'imparfait de l'indicatif ou le présent du subjonctif et le futur simple de l'indicatif.
Allomorphes
Les morphèmes qui sont des variations contextuelles et sont donc en distribution complémentaire sont des allomorphes.
Synthèmes
Les morphèmes multiples qui fonctionnent comme un morphème simple sont des synthèmes.
Voir aussi
- Mot-composé.
- Mot-valise.
Catégorie:Linguistique
ja:形態素
ko:형태소
Sinogramme
Les caractères chinois, ou sinogrammes, sont les caractères de l'écriture logographique chinoise. Le terme (inventé par le Pr. Nicolas Lyssenko, Paris VII) se dit en chinois 漢字/汉字 hànzì (prononcer khann-dzeu, avec kh comme dans Khaled, ou bien la jota espagnol), « caractères d'écriture des Hàn ».
Contrairement à une idée reçue courante en Occident, les sinogrammes ne sont pas tous des idéogrammes, encore moins des hiéroglyphes ou des dessins.
En raison de sa grande taille, cet article a été découpé en plusieurs chapitres. On trouvera une manière pratique de naviguer entre eux au moyen des liens ci-contre. La compréhension de certains de ces chapitres nécessite la lecture d'un ou plusieurs autres.
Nombre de caractères
L'un des plus célèbres dictionnaires chinois – le 康熙字典 Kāngxī zìdiǎn, Dictionnaire de caractères de Kāngxī, paru en 1717 et publié par Kāngxī, second empereur de la dynastie 清 Qīng (1644-1911) – en recense quelque 47 000. Des dictionnaires plus récents, comme le 中華字海 Zhōnghuá zì hǎi vont au-delà, avec plus de 85 000 caractères. En fait, ces dictionnaires comptabilisent des hapax, des erreurs, des variantes ou des raretés.
Dans l'usage courant, en connaître entre 2 000 et 4 000 suffit à lire la presse et la littérature courante. Les lettrés et les calligraphes peuvent en maîtriser plus de 8 000. Le plus grand dictionnaire occidental, le Dictionnaire Ricci de caractères chinois (voir bibliographie) en comptabilise 13 500. Le travail de recherche considérable que représente ce dictionnaire permet de penser que cela représente le nombre de caractères réellement utilisés et attestés depuis l'Antiquité chinoise jusqu'à nos jours : en effet, les « monstres », hapax et variantes trop rares ont été ignorés.
Viviane Alleton, dans son ouvrage signalé en bibliographie, cite les chiffres suivants :
- 80 000 caractères différents est le nombre total mais fantasmé de caractères en chinois. Jamais aucune époque n'en a connu tant ; les dictionnaires actuels qui recensent ce type de nombre répertorient en fait des caractères que plus personne n'utilise ou d'emploi très rare ;
- 9000 caractères suffisent à lire à peu près tout texte (il sera cependant toujours possible de trouver, très rarement, un caractère qu'on ne connaît pas) ;
- 2000 caractères sont censés suffire aux ouvriers ; c'est le taux moyen d'alphabétisation. Le recours à un dictionnaire sera cependant encore nécessaire ;
- 1500 pour les paysans (ces chiffres sont ceux fixés par les standards d'alphabétisation) ;
- 1000 caractères permettent de lire 90% des caractères utilisés dans les publications courantes.
Les caractères, en effet (on le verra plus loin) se combinent fréquemment pour former les lemmes (« mots » d'une langue).
Extension géographique et linguistique des sinogrammes
Chapitre séparé. Résumé :
À l'instar de l'alphabet latin, qui sert à écrire des langues-sœurs comme le français et l'espagnol mais aussi des langues sans rapports comme le basque et l'allemand, les sinogrammes sont employés – ou l'ont été – dans une grande partie de l'Extrême-Orient. On peut dire sans exagérer que ce sont les Chinois qui ont fourni un modèle de départ pour le développement de l'écriture dans cette partie du globe. L'extension géographique et linguistique des sinogrammes est donc importante. Il ne faudrait cependant pas croire que les caractères sont utilisés de la même manière dans toutes ces langues...
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Simplifications et variantes locales
Chapitre séparé. Résumé :
Il existe actuellement trois grandes déclinaisons des sinogrammes :
- les caractères simplifiés (简体字 jiǎn tǐ zì) ;
- Les caractères traditionnels (繁體字 fán tǐ zì) ;
- Les caractères utilisés au Japon (漢字 kanji).
D'autre part, on peut signaler le cas de caractères propres au cantonais et de différences minimes entre sinogrammes manuscrits et imprimés...
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Comment les sinogrammes représentent-ils la langue ?
Chapitre séparé. Résumé :
Les caractères chinois servent à écrire des langues (ici, des langues chinoises) et ne sont pas des symboles idéographiques purs qui noteraient une sorte de langage logique et formel sans aucun lien avec la langue parlée, comme on a pu le croire en Occident aux siècles passés.
Il convient donc de se demander comment les sinogrammes représentent les langues chinoises, c'est-à-dire quel est le lien entre les signes de l'écriture et le duo signifiant ~ signifié de ces langues. On peut déjà balayer une idée reçue tenace : un caractère n'est pas forcément un « mot » et chaque caractère n'a pas forcément un sens. Chaque caractère, cependant, sauf un, se prononce en une seule syllabe... Enfin, on comprendra à la lecture de cet article pourquoi demander son prénom en chinois peut n'avoir aucun sens.
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Composition graphique d'un caractère
le reste de l'article
Chapitre séparé. Résumé :
Le tracé d'un caractère obéit à des règles strictes qui déterminent :
- le tracé lui-même sur la feuille ou à l'écran ;
- la nature des éléments qui composent chaque caractère, parmi lesquels la clef (ou radical) est le plus important...
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Classification des sinogrammes : quels sont les types de caractères ?
Chapitre séparé. Résumé :
Il existe plusieurs types de caractères, parmi lesquels quelques rares pictogrammes, un petit nombre d'idéogrammes (simples ou composés) et une écrasante majorité de composés nommés idéo-phonogrammes, principalement. L'écriture chinoise ne comportant en fait qu'un petit nombre d'idéogrammes, il est erroné d'appeler ainsi ses caractères...
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Histoire et styles calligraphiques
Chapitre séparé. Résumé :
En calligraphie chinoise, ou 書法 shūfǎ, les caractères peuvent être tracés différemment, selon cinq grands styles historiques...
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Divers
- code ISO 15924 : Hani
Articles connexes
- simplification des sinogrammes ;
- styles calligraphiques chinois ;
- classification des sinogrammes ;
- langues chinoises, mandarin, japonais ;
- kanji et hanja ;
- écriture ;
- romanisation, bopomofo et pinyin ;
- codage des caractères chinois.
Liens externes
Cours et outils d'apprentissage
- [http://lechinois.com Cours de chinois en ligne] ;
- [http://www.chine-nouvelle.com/methode/chinois Méthode de Chinois] 40 leçons en ligne et gratuites pour apprendre à parler, lire et écrire le Chinois mandarin.
- [http://edu.ocac.gov.tw/lang/medium/ch_1000/index.htm cours en ligne d'une université Taiwanaise (en anglais)] ;
Dictionnaires
- [http://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html Dictionnaire Français Chinois en ligne] recherche par caractère, pinyin ou français ;
- [http://stardict.sourceforge.net dictionnaire multilingue libre pour differents environnements] ;
- [http://zhongwen.com/ Dictionnaire étymologique de l'écriture chinoise (en anglais)] ;
- [http://popolon.org/chinois.php imagier français chinois, bopomofo, quelques liens] ;
- [http://hapax.qc.ca/pdf/annexe-H-Unification.pdf unification han] ;
- [http://hapax.qc.ca/pdf/Chapitre-11.pdf les écritures CJC pour Unicode].
Autres outils
- [http://scim.sourceforge.net 'Simplified Chinese Input Method', méthode de saisie multilingue libre pour UNIX].
catégorie:linguistique catégorie:langue chinoise catégorie:écriture logographique
ja:漢字
ko:한자
Diacritiques des syllabaires japonaisOn appelle diacritique un signe graphique apposé à un graphème des syllabaires hiragana ou katakana afin de transcrire un phonème modifié de celui que transcrit ce graphème.
Le japonais utilise deux diacritiques :
- Le premier (゛) est un signe composé deux petits traits, qui permet de transformer une consonne sourde en consonne sonore à l'initiale d'une syllabe – à l'exception du h qui est changé en b – et qui a plusieurs dénominations :
- dakuten (濁点, « point sonore »),
- nigori (濁り), par abréviation de nigoriten (濁り点),
- et plus familièrement ten-ten (点点 ou 点々, « point point ») ;
- Le second (゜) est un petit rond, qui permet de transformer h en p, et qui a deux noms :
- handakuten (半濁点, « point semi-sonore »),
- et plus familièrement maru (丸, « rond »).
Modifications des hiragana
On ne cite que l'attaque de la syllabe.
- K + ゛ = G
- S + ゛ = Z
- SH + ゛ = J
- T + ゛ = D
- CH + ゛ = DJ
- TS + ゛ = DZ
- H + ゛ = B
- H + ゜ = P
Modifications des katakana
Les modifications des katakana sont les mêmes que celles des hiragana. On transcrit juste en plus le son [v] (dans les mots d'emprunts) par :
- U + ゛ = V
Japonais
Catégorie:Langue japonaise
Diacritiques des syllabaires japonaisOn appelle diacritique un signe graphique apposé à un graphème des syllabaires hiragana ou katakana afin de transcrire un phonème modifié de celui que transcrit ce graphème.
Le japonais utilise deux diacritiques :
- Le premier (゛) est un signe composé deux petits traits, qui permet de transformer une consonne sourde en consonne sonore à l'initiale d'une syllabe – à l'exception du h qui est changé en b – et qui a plusieurs dénominations :
- dakuten (濁点, « point sonore »),
- nigori (濁り), par abréviation de nigoriten (濁り点),
- et plus familièrement ten-ten (点点 ou 点々, « point point ») ;
- Le second (゜) est un petit rond, qui permet de transformer h en p, et qui a deux noms :
- handakuten (半濁点, « point semi-sonore »),
- et plus familièrement maru (丸, « rond »).
Modifications des hiragana
On ne cite que l'attaque de la syllabe.
- K + ゛ = G
- S + ゛ = Z
- SH + ゛ = J
- T + ゛ = D
- CH + ゛ = DJ
- TS + ゛ = DZ
- H + ゛ = B
- H + ゜ = P
Modifications des katakana
Les modifications des katakana sont les mêmes que celles des hiragana. On transcrit juste en plus le son [v] (dans les mots d'emprunts) par :
- U + ゛ = V
Japonais
Catégorie:Langue japonaise
Coup de glotte
catégorie:Linguistiquecatégorie:phonétique
Coup de glotte est la dénomination commune d'une consonne dont la description en phonétique articulatoire est l'occlusive glottale sourde, notée en alphabet phonétique international, dans la transcription traditionnelle des langues sémitiques et ‘ dans l'alphabet hawaïen (signe nommé ‘okina) et la plupart des autres langues polynésiennes. C'est parfois une apostrophe que l'on emploie à la place de ces deux derniers signes.
Importance de cette consonne dans l'écriture
La consonne est la première dans l'ordre alphabétique dit « levantin » (dans lequel on commence par ou a, b, g ou c, d, etc.) de nombreuses écritures sémitiques (alphabet arabe, alphabet hébreu, alphabet phénicien, etc). En contre-partie, la première place, dans les alphabets occidentaux, est occupée par la lettre notant /a/.
Le premier alphabet utilisant l'ordre levantin, ancêtre pour le principe, mais non pour le tracé des lettres, de tous les autres alphabets utilisant un tel ordre (en gros ceux descendant de l'alphabet phénicien : alphabet grec ─ d'où alphabet étrusque puis alphabet latin, alphabet cyrillique, alphabet gotique, alphabet copte ; alphabet araméen d'où alphabet hébreu, alphabet syriaque, alphabet arabe, etc.) est l'alphabet ougaritique, qui est une écriture cunéiforme.
Dans cet alphabet (en fait un abjad, c'est-à-dire que seule les consonnes sont notées), dont on possède plusieurs tablettes abécédaires (qui donnent les graphèmes dans un ordre établi ; une tablette de 1955 trouvée à Ougarit donne même, bien qu'incomplètement, l'équivalent en akkadien, modèle de l'ougaritique), la première lettre est un coup de glotte (maintenant noté ). L'alphabet ougaritique n'étant cependant pas capable de représenter la consonne seule, la première lettre est et non (d'où les signes additionnels ajoutés en fin d'alphabet pour et ). D'après John Healey (cf. bibliographie), , et pouvaient même servir à noter parfois , et , plus rarement de pures voyelles.
Les Phéniciens, reprenant cet ordre dans leur alphabet (autre abjad qui dérive, quant à lui, pour le tracé des lettres d'un modèle mal attesté nommé proto-sinaïtique, lequel provient apparemment d'une simplification du tracé de certains hiéroglyphes), ont placé aussi en tête d'alphabet la consonne en se débarrassant de la notation syllabique (d'où la disparition de et ). Cette lettre, évoluant de diverses manières, est restée la première des écritures sémitiques : א en hébreu, ا en arabe (le rôle de cette lettre a cependant changé au cours des siècles : le coup de glotte est maintenant noté par ء, hamza), ܐ en syriaque, etc.
Or, les Grecs, en créant leur alphabet à partir des lettres phéniciennes, ne pouvaient se contenter d'un abjad (en effet, s'il est possible d'écrire les langues sémitiques sans les voyelles parce que la grammaire de ces langues permet assez facilement de les restituer, c'est impossible pour les langues indo-européennes). Ils ont donc utilisé les consonnes surnuméraires du phénicien, dont le coup de glotte, absent du grec, pour leurs voyelles. C'est ainsi que la première lettre phénicienne est devenue un Α en grec, notant /a/. Cette dernière valeur s'est transmise à tous les alphabets dérivés (et notamment l'alphabet étrusque puis l'alphabet latin), ce qui explique pourquoi les alphabets sémitiques débutent par tandis que c'est un /a/ en Europe.
Cette lettre pour /a/ est appelée en grec. Bien que ce nom ne désigne rien dans cette langue, il est directement emprunté aux langues sémitiques, qui nommaient la lettre d'après le tracé pictographique à l'origine de l'œil proto-sinaïtique puis phénicien, par principe acronymique (on ne garde que le premier son du mot noté, comme si l'on utilisait o pour le son /r/ de « rond »). À l'origine, cette lettre représentait une tête de bœuf, qui se disait dans le modèle emprunté par les Grecs (selon John F. Healey), (selon Theodor Nöldeke) ou selon Pierre Swiggers. Le nom hébreu massorétique est , celui de l'arabe .
Les organes occlusifs impliqués sont les cordes vocales, la glotte se fermant et se rouvrant brusquement pour interrompre le flux d'air qui y passe (le processus est très proche de ce qu'il se passe avant une quinte de toux). C'est l'occlusive la plus profonde que puisse émettre un gosier humain. Au dessous, il n'existe plus d'organes occlusifs.
Normalement, tout coup de glotte doit être non voisé : le voisement étant un resserrement des cordes vocales en vue de les faire vibrer, il n'est pas possible, en même temps, de les rapprocher puis de les écarter tout en les faisant vibrer l'une contre l'autre. Il existe pourtant une langue, le gimi (en Papouasie-Nouvelle-Guinée) possédant une forme de coup de glotte voisé, transcrit . Le phonéticien Peter Ladefoged signale que plutôt qu'une occlusive, il s'agit en fait d'une spirante. Il faudrait donc la transcrire : un mot comme (mieux : ), « nombreux », contient les deux variantes.
Utilisation paralinguistique
Cette occlusive est très fréquente, dans de nombreuses langues, qui l'utilisent cependant comme marque paralinguistique. On la rencontre dans ce cas fréquemment devant un mot à initiale vocalique, où elle indique alors l'insistance, la surprise, la gêne : par exemple, en français oh oh ! peut être prononcé , avec une coupure nette entre les deux [o], ou bien hé ! qui, prononcé avec emphase, se réalise .
On peut aussi trouver un tel coup de glotte en fin de mot dans une prononciation énergique : anglais no ! .
Utilisation linguistique
Comme unité non pertinente
Le coup de glotte se rencontre très souvent comme allophone ou n'apparaît que dans des contextes stricts. Dans ces cas, ce n'est pas un phonème.
En allemand et néerlandais
Une langue comme l'allemand fait précéder tout morphème à initiale vocalique (sauf les désinences et les suffixes de dérivation) d'une occlusive glottale, ce qui permet de séparer les affixes des radicaux à initiale vocalique qui les suivent. Le coup de glotte n'y est donc pas un trait pertinent : die Entehrung, « le déshonneur », est réalisé , avec un coup de glotte entre l'article die et l'initiale du mot ainsi qu'entre le préfixe ent- et la voyelle initiale du thème Ehrung. C'est un mécanisme obligatoire et il n'est pas possible de trouver une paire minimale opposant, par exemple, un groupe initial à un groupe . En néerlandais, le coup de glotte ne s'insère entre les morphèmes à initiale vocalique à l'intérieur d'un mot et après /a/ et /ə/. Il n'y a donc pas de coup de glotte en début de mot.
On peut résumer cela en disant qu'en allemand et en néerlandais il n'existe aucun hiatus réel : il y a toujours une consonne, , entre deux voyelles. En allemand, de plus, aucun mot ne peut commencer par une voyelle. Ein, « un », s'analyse donc . Cependant, tout cela ne ressortit qu'à la phonétique. Phonologiquement, le coup de glotte n'est pas une consonne dans ces deux langues car sa distribution est fixe. Il permet cependant quelques oppositions de lexèmes, comme vereisen , « geler » (composé de ver- et de eisen) et verreisen , « partir en voyage ». La présence du coup de glotte permet d'identifier les morphèmes.
En mandarin et en vietnamien
En mandarin (mais pas pour tous les linguistes) et en vietnamien, toute syllabe commence nécessairement par une consonne, parmi lesquelles le coup de glotte en l'absence de toute autre consonne. Comme ce coup de glotte n'existe que dans cette position, il ne constitue pas un phonème (de la même manière qu'en allemand) :
- mandarin : 愛 ài, « aimer » = /ài/ = .
- vietnamien : ô, « parapluie » = /ō/ = .
Ce phénomène est très développé en vietnamien : toute syllabe débute en effet diachroniquement par un coup de glotte. Cela explique pourquoi les occlusives sonores sont injectives : bà s'analyse phonologiquement /bà/ mais est réalisé . En effet, n'est que la résultante attendue de ; la séquence passe à (/b/ pré-glottalisé), qui évolue naturellement en (/b/ injectif). Ce coup de glotte devant d'autres consonnes, cependant, s'amuït.
En danois
Le danois possède un coup de glotte nommé stød, présent à l'intérieur d'une syllabe et suivant une voyelle : mus , pour « souris (animal) »; hals , pour « gorge »; hvid , pour « blanc ». La voyelle ou la consonne précédant le stød, de plus, est laryngalisée.
C'est cette fois-ci un fait suprasegmental ressortissant surtout à l'accentuation de cette langue (ce qui explique que le stød est souvent transcrit par un signe secondaire comme : , , ) ; le stød n'appartient donc pas au stock de consonnes phonologique disponibles. Il ne se manifeste que dans certains contextes syllabiques : après une voyelle longue ou après une consonne suivant une voyelle brève (ce qui ne signifie pas que toute voyelle longue porte le stød).
Historiquement, c'est la transformation de l'accent de hauteur des langues scandinaves qui a donné naissance au stød.
En français
Le français, en le nommant h « aspiré », possède aussi un coup de glotte linguistique, qui ne se trouve qu'à l'initiale vocalique de certains mots présentant à l'écrit un h- ; ce h aspiré ne se manifeste normalement que par l'absence de liaison qu'il entraîne avec le mot précédent (on parle aussi de disjonction ; consulter Psilose pour des détails qui dépasseraient le cadre de cet exposé), absence qui peut être accentuée par un coup de glotte devant voyelle mais se manifeste le plus souvent devant consonne (où il apparaît comme l'un des moyens de marquer la disjonction) : les enfants mais les hérissons (avec h aspiré) (voire dans une diction plus rapide), accentué en quand on veut insister sur la disjonction et surtout petite hache, réalisé (ou , avec un e caduc dans le Sud de la France) car ne marquerait pas la coupure.
En anglais
Dans de nombreux dialectes anglais, le coup de glotte est un allophone de /t/ en position finale (il n'est donc pas phonologique). C'est historiquement l'évolution de la non-désocclusion de cette consonne en position finale. Par exemple, habit, « habitude » ou cat, « chat », peuvent être réalisés respectivement , (sans désocclusion) ou et , [kæt¬] ou .
De plus, dans des dialectes comme le cockney, le coup de glotte est aussi un allophone de /t/ entre voyelles (ou consonnes vocalisées) bottle, « bouteille », ou ; fatter, « plus gras », ou .
Comme phonème
En tant que phonème pertinent, l'occlusive glottale est présente dans de nombreuses langues:
- langues sémitiques :
- arabe : شَيْء šayʾ , « chose »,
- hébreu : אַל , négation,
- maltais (écrit au moyen de la lettre q) : triq , « route »,
- amharique : ስብአ säbʾä , « peuple » ;
- certaines langues africaines :
- haoussa : ā’ā̀ , « non »,
- ngbaka : , « grimper »,
- persan : دعوا , « se quereller » ;
- thaï : ขณะที่ , « pendant que » ;
- tukang besi : ’oloo , « jour » ;
- hawai‘ien : Hawai‘i, « Hawaï » ;
- turc : tel’in , « dénonciation » (le coup de glotte n'appartient pas au système phonologique du turc. Il se rencontre dans quelques mots d'emprunt à l'arabe et n'est maintenant que rarement prononcé) ;
- nahuatl : pâhzotl , « chenille »
- cheyenne : ma’eno , « tortue » ;
- peul : fiʼi , « frappa » ;
- cherokee : ᏔᎵᏁ taline , « second », etc.
Il faut aussi noter le cas de l'arabe classique qui, contrairement à ce que l'on peut souvent lire, ne semble pas posséder une fricative pharyndale sonore (celle que l'on note par la lettre ء ʿayn dans l'écriture et que l'on transcrit par ), mais une occlusive glottale pharyngalisée accompagnée d'un mouvement de rétraction de la racine de la langue, que l'on peut analyser . L'arabe classique possède donc deux occlusives glottales, et . Par exemple :
- هٰؤُلاَءِ hāʾulāʾi , « ces... -ci (féminin) » ;
- عَلِي ʿAlī , « Ali » (prénom).
Cette question complexe est décrite en détail dans l'article Phonologie de l'arabe.
Enfin, comme dans d'autres langues, l'arabe se distingue par l'impossibilité qui existe de faire débuter une syllabe par une voyelle. En l'absence d'autre consonne, c'est un coup de glotte qui joue ce rôle. À la différence des autres langues, ce coup de glotte peut s'amuïr (consulter Écriture de la hamza).
Remarque
Quand le coup de glotte accompagne un autre son et en constitue un élément fondamental et non indépendant, on parle d'un son glottalisé. Ainsi, les consonnes éjectives et injectives font intervenir le coup de glotte.
Bibliographie
Pour la partie sur les alphabets levantins :
- Reading the Past, ouvrage collectif, article « The Early Alphabet » de John Healey, British Museum Press, 1990 ;
- Theodor Nöldeke, Beiträge zur semitischen Sprachwi | | |