:: wikimiki.org ::
| Langue |
Langue ko:언어 zh-min-nan:gí-giân ms:Bahasa ja:言語 simple:Language zh-cn:语言 zh-tw:語言
-
Une langue est un système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus. Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes).
On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs).
On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.
Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus.
Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto).
On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors langue ancienne.
Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu.
Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique.
Langues du monde
Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3000 et 7000 langues vivantes.
Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. En effet, on prévoit que 90% des langues sont menacées d'extinction, car elles devraient disparaître d'ici 50 ans. La solution pour éviter cela réside dans le multilinguisme. Il s'agit de mettre en place de manière effective le bilinguisme ou le trilinguisme dans tous les territoires où existe une langue menacée d'extinction.
Voir aussi
- Linguistique
- Langage
- Langue ausbau
- Sociolinguistique
- Grammaire
- Parler dans le monde
- Langues régionales de France
Multilinguisme et traduction
- Dire « bonjour » dans le monde
- Nombres dans le monde
- Quiproquo
- Faux-amis
- Traduction
Langue écrite
- Écriture
- Sigles et pictogrammes
- Orthographe
- Lexicographie
Jeux de langue
- Calembours
- Contrepèteries
- Palindromes
- Virelangues
(Voir aussi : jeux de mots)
Bibliographie
- Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier International ;
- L'aventure des langues en occident – Leur origine, leur histoire, leur géographie, Henriette Walter, éditions Robert Laffont.
- Langues sans frontière de Georges Kersaudy
Liens externes
- [http://www.biblioconcept.com/EISTI/conceptotheque/langue.htm Le concept de langue]
- [http://www.word2word.com/course.html Répertoire de cours gratuits en ligne]
- [http://users.skynet.be/Landroit/indexj.html Cinquante jeux de langue en ligne]
- [http://www.loecsen.com/ Écouter les langues]
- [http://www.edulang.com/ Tous les logiciels d'apprentissage des langues]
Catégorie:Langue
Le meilleur article pour commencer la lecture de cette catégorie est le dictionnaire des langues.
Le modèle à utiliser pour les articles de langues se trouve à Wikipédia:Projet/Langues/Modèle.
Pour la catégorie néerlandaise correspondante, il sera utile de remonter l'arborescence pour les langues artificielles, non listées dans la catégorie liée ici, consacrées aux langues « naturelles ».
Voir aussi
- wikt:Catégorie:Langues (Wiktionnaire)
catégorie:Linguistique
als:Kategorie:Schprôche
fiu-vro:Category:Keeleq
ja:Category:言語
ko:분류:언어
ms:Kategori:Bahasa
simple:Category:Languages
th:Category:ภาษา
zh-min-nan:Category:Gí-giân
Voix
La voix désigne tout d'abord les sons produits par l'air qui sort des poumons et du larynx de l'être humain : elle permet donc de parler, de crier et de chanter.
Par extension, ce mot revêt les significations suivantes.
- En grammaire, la voix rejoint le concept de diathèse. On dira par exemple : « Dans « La souris est mangée par le chat », le verbe « manger » est à la voix passive ».
- Dans une démocratie, une voix est l'expression d'un vote. On dira par exemple : « Aux dernières élections, tel candidat a obtenu cinquante-cinq pour cent des voix ».
- En musique, le mot peut renvoyer à plusieurs sens.
:- De manière générale, et indépendamment du type de musique envisagé, la voix peut tout d'abord être considérée comme une catégorie de source sonore s'opposant aux instruments de musique. On dira par exemple : « Une musique pour instruments et voix ».
:- En musique classique, on entend par voix, telle ou telle typologie vocale — voix de solistes et voix de pupitre. On dira par exemple : « La voix de baryton est moins grave que la voix de basse ».
:- Toujours en musique classique, mais plus précisément dans le domaine de la musique d'ensemble, une voix est la ligne mélodique de telle ou telle partie musicale d'une pièce polyphonique ou harmonique. On dira par exemple : « La deuxième voix de ce trio est extrêmement compliquée ».
- Avec les nouvelles technologies, la reconnaissance vocale et la synthèse vocale sont possibles.
Langue des signes
Signes française
La langue des signes française (ou LSF, 80px 80px 80px en LSF) est une langue gestuelle qui est la langue naturelle utilisée par les sourds-muets français (attention aux termes employés, la plupart des sourds ne sont pas muets, au sens clinique du terme) et certains malentendants en France pour traduire leur pensée visuelle. La LSF est une langue à part entière et un des piliers de base de l'identité de la culture sourde.
Histoire
Pendant longtemps le sourd, isolé de sa communauté, n'a pu enrichir sa langue (la langue des signes) et a dû se contenter d'une gestuelle basique ; de ce fait, ne disposant pas une langue élaborée, son esprit ne pouvait se structurer et il lui était donc impossible de développer ses capacités intellectuelles (d'où l'idée répandue que le sourd aurait moins de capacités intellectuelles : au Moyen Âge on le considérait même idiot). C'est dans les familles de sourds qu'ont pu s'élaborer les premiers fondements de la LSF. Et c'est en vivant ensemble que les sourds ont pu enrichir leur langue.
L'Abbé de l'Épée fut en 1760 le premier entendant à s'intéresser aux modes de communication des « sourds-muets » en observant un couple de jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes ; il découvre l'existence d'un début de langue des signes. Il décide alors de regrouper les enfants sourds pour les instruire, il apprend lui-même la langue des signes grâce à ses élèves et ira démontrer les progrès obtenus jusque devant la cour du Roi. C'est ainsi qu'il pourra ouvrir une véritable école pour sourds qui deviendra l'Institut National des Jeunes Sourds, aujourd'hui mieux connu sous le nom d'Institut Saint-Jacques (à Paris). A sa mort en 1789, c'est l'abbé Sicard qui lui succédera et qui tentera maladroitement d'imposer un langage gestuel conventionné et agrémenté de signes méthodiques qui sera abandonné par la suite.
Pourtant, les entendants oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s'intégrer dans la Société française et c'est ainsi que le Congrès de Milan en 1880 —où n'étaient réunis pratiquement que des entendants— décrète l'interdiction de l'utilisation des langues des signes dans l'enseignement. Cette interdiction a duré près de 100 ans : dans les écoles, les professeurs étaient entendants et utilisaient la méthode oraliste. Mais, pour autant, la LSF n'a pas disparu car, regroupés entre eux dans les écoles, les sourds se la transmettaient de génération en génération, la plupart du temps pendant la récréation, puisqu'il était interdit de signer en classe.
En 1991, la loi Fabius favorise le choix d'une éducation bilingue pour les sourds : LSF et français écrit et oral. En février 2005, une loi décrète la LSF comme langue officielle en France.
Aujourd'hui, ce sont des instituts plus ou moins privés ou des associations qui ont de nouveau intégré la LSF dans leur enseignement. Les professeurs sourds ne sont pas reconnus de façon officielle par l'Éducation nationale et ce sont des professeurs entendants qui signent, aidés par des éducateurs sourds.
Grammaire
La grammaire de la LSF est en 3D, ce qui la différencie de la grammaire française linéaire.
Par exemple
- Le francophone va dire « Hier je me suis super bien amusé à la fête… » en mettant les mots dans cet ordre
- Le signeur va signer sur la ligne du temps que c'était hier, signer le mot la fête et qu'il s'est super bien amusé en utilisant les intensifs du visage et des gestes.
La langue des signes française a une grammaire différente du français signé (qui garde la syntaxe du français, mais utilise des signes pour les mots).
Clefs de la grammaire LSF
- Expressions du visage pour indiquer le sens de la phrase. Par exemple, pour poser une question fermée (qui sollicite une réponse par oui ou non), le locuteur aura les sourcils froncés pendant sa phrase. En revanche, une question ouverte comme « Où vas-tu en vacances ? » sera posée avec un haussement des sourcils, également utilisé pour les intensifs par exemple très ou beaucoup…
- La ligne du temps : il n'existe pas de conjugaison en LSF, il suffit au signeur de situer l'action sur la ligne du temps (perpendiculaire à lui : derrière son épaule le passé, au niveau de son corps le présent et devant lui le futur).
- Classificateurs : des gestes pronominaux montrant le rôle ou la forme du référent. Pour faire référence à un homme, le locuteur utilisera son index vers le haut, mais pour parler d'une voiture, il utilisera la main à plat. Notez que les noms pour homme et voiture sont différents des pronoms décrits.Les verbes de mouvement peuvent également être signés pour indiquer la direction : « La voiture tourne à gauche » sera le classificateur de voiture tournant à gauche. Autre exemple‚ « Un homme monte l'escalier » se fera par deux doigts imitant les jambes montant un escalier, dans un mouvement pouvant être différent selon qu'il s'agit d'un escalier classique ou en colimaçon…
- Pour raconter quelque chose et parler de personnes absentes le signeur définit sa place et celle des autres dans l'espace, à la manière d'une mise en scène théâtrale, il est ainsi plus facile de comprendre et de suivre visuellement de qui il s'agit et quels sont les rapports entre les personnages.
- Les verbes uni et pluri-directionnels :
- Les verbes pluri-directionnels. Pour signer « Je te téléphone », le locuteur fera le signe téléphone de lui vers son interlocuteur. En revanche, « Tu me téléphones » se fera en signant téléphone de l'interlocuteur vers le locuteur.
- Les verbes uni-directionnels: qu'on utilise le "je", le "tu" ou le "il" le verbe aura la même forme comme par exemple les verbes 'aller', 'manger'.
La syntaxe de la LSF est un sujet de recherche. Elle est parfois enseignée comme une langue d'ordre libre ou une langue OSV (objet sujet verbe), mais certains chercheurs pensent que les choses sont un peu plus subtiles.
L'ordre des mots est le suivant : tout d'abord le LIEU, puis le TEMPS, ensuite le SUJET et enfin l'ACTION. Ce qui est logique puisque la pensée visuelle des sourds entraîne une mise en scène systématique de ce qui se dit : le décor est tout d'abord planté, les acteurs entrent ensuite en scène et l'action peut enfin débuter…
Vocabulaire et Genèse des signes
Le lexique des signes est toujours en perpétuel mouvement et s'enrichit encore aujourd'hui.
En effet, au fur et à mesure que le monde des sourds découvre et accède à des milieux spécialisés (milieu étudiant ou professionnel), le besoin de créer de nouveaux signes se fait davantage sentir.
- des signes venus du mime : beaucoup de signes peuvent être faciles à retenir même pour un entendant car il font partie du mime pour des actions (manger, dormir, parler…), des objets (pomme de terre, poupée…), des lieux ou paysages (école, maison, montagne…), des animaux (vache, escargot, éléphant).
Ce sont ces signes culturels que sourds et entendants ont en commun dans leur imaginaire collectif qui sont la base de la communication entre eux ; ces signes créent souvent une complicité et un sens de l'humour commun. Tout cela fait des échanges entre sourds et entendants un moment agréable, voire une découverte, pour les entendants, d'un univers poétique qui allie visuel et pensée.
- des signes arbitraires : l'alphabet dactylologique est un des meilleurs exemples de signes arbitraires (bien que certains signes aient des ressemblances de formes avec la graphie de la lettre) créés afin de faire lire les mots français aux sourds. Il permet aux sourds d'épeler des mots à des entendants qui ne connaissent pas le signe correspondant, mais le plus souvent c'est pour épeler leur nom ou celui d'une ville dont le signe n'est pas encore connu. Il s'agit là d'un pont non négligeable entre les deux langues.
- des signes influencés par la langue française : en côtoyant le monde des entendants la LSF a aussi intégré des signes directement en relation avec le français et souvent les premières lettres des mots sont associées à des mouvements plus ou moins arbitraires, par exemple le v de vert, vrai ou vacances, le r de rêve ou de raison, le s de sœur ou le f de frère…
- des signes sans cesse inventés : ceux par exemple pour nommer quelqu'un : c'est la première chose que font les sourds lorsqu'une personne nouvelle arrive et qu'elle n'a pas de signe, ils en trouvent un en fonction du physique ou du caractère de la personne…
Français signé
Le français signé est l'utilisation de signes de la LSF ordonnés selon la syntaxe linéaire de la langue française. Ce compromis naît de la nécessité de communiquer ; il est utilisé par des entendants de langue maternelle française qui ont d'ailleurs parfois une bonne connaissance des signes mais ne maîtrisent pas la syntaxe de la LSF.
Par exemple, en LSF, la phrase « J'aime cette voiture. » sera signée voiture cette aimer. Dans le français signé, le locuteur utilisera l'ordre aimer cette voiture.
Dans l'enseignement aux jeunes sourds, le problème qui se pose est que leurs enseignants sont souvent des entendants et qu'ils n'utilisent pas naturellement la syntaxe de la LSF, mais plutôt naturellement celle du français signé, ainsi les jeunes sourds n'ayant pas de parents sourds calquent leur façon de signer sur leurs enseignants entendants (d'où la nécessité d'avoir des enseignants sourds pour la LSF).
Autres langues des signes
Il existe aussi une langue des signes belge et une langue des signes québécoise
qui sont différentes de la LSF. La LSF est une cousine de la langue des signes américaine ([http://en.wikipedia.org/wiki/American_Sign_Language American Sign Language], ASL) avec une similarité lexicale de 43 %.
Génétique
La langue des signes américaine ([http://en.wikipedia.org/wiki/American_Sign_Language American Sign Language], ASL) a pour ancêtre la LSF....
Voir aussi
Articles connexes
- Langage parlé complété (LPC)
Bibliographie
Autobiographie, Histoire des sourds
- Helen Keller, Sourde, muette, aveugle, PBP
- Harlan Lane, Quand l'esprit entend, collection Opus, Odile Jacob
- Olivier Sacks, Des yeux pour entendre, Seuil (découverte de la communication par les signes vue par un neurologue )
- Armand Pelletier et Yves Delaporte, Moi, Armand, né sourd et muet…, collection Terre Humaine, Plon (Autobiographie d'un sourd et muet et analyse d'un ethnologue)
- Emmanuelle Laborit, Le Cri de la mouette, Pocket Jeunesse, (Témoignage d'une sourde; sa vie et son combat)
Ouvrages de références
- Monica Companys, 1200 Signes / dictionnaire de poche", Ed. Monica Companys, 2002
- Monica Companys, La LSF : Mode d'emploi / L'expression par la pensée visuelle, Ed. Monica Companys, 2003
- Monica Companys, La LSF : ABC...LSF / dictionnaire visuel bilingue, Ed. Monica Companys, 2004
- Bill Moody, La langue des signes (Tome 1), IVT Éditions (Histoire et syntaxe de la LSF)
- Bill Moody, La langue de signes (Tome 2 et Tome 3), IVT Éditions (Dictionnaire de la LSF, classé par thèmes)
- Benoit Virole Psychologie de la surdité" Deboeck Université, Deuxième édition, 2000.
Liens externes
- http://www.france5.fr/oeiletmain/ émission très intéressante en LSF, autour des sourds et de la culture sourde sur France 5 les samedis à 9h10 et jeudis matins à 10h35.
- http://www.signes.ch émission mensuel est diffusé sur la TSR (Télévision Suisse Romande).
- http://www.ffsb.be le site officiel de la Fédération Francophone des Sourds de Belgique.
- http://www.monica-companys.com Le site des editions Monica Companys pour se procurer des ouvrages sur la LSF (livres & videos)
- http://www.benoitvirole.com textes et documents sur la psychologie de la surdité, la langue des signes et ses liens avec les sciences humaines
- http://www.lsf.education.fr : Lexique des termes de spécialité en Langue des Signes Française
- http://cis.gouv.fr : site du Centre d'information sur la surdité d'Aquitaine
MorphèmeEn linguistique, on définit généralement un morphème comme la plus petite unité de son porteuse de sens qu'il soit possible d'isoler dans un énoncé. De même que le phonème, le morphème est une entité abstraite susceptible de se réaliser de plusieurs manières dans la chaîne parlée.
Par exemple, en finnois, le morphème exprimant l'inessif (c'est-à-dire la désinence indiquant que l'on situe le nom à l'intérieur d'un lieu) peut se réaliser selon les mots de deux manières différentes, selon l'harmonie vocalique : -ssa ou -ssä. Ainsi, talossa « dans la maison », mais päässä « dans la tête » ; on notera par convention ce morphème sous la forme -ssA (où A est une variable pouvant prendre les valeurs a ou ä), et on dira que -ssa et -ssä sont les morphes (ou les allomorphes) de -ssA.
Typologie des morphèmes
Morphèmes lexicaux ou grammaticaux
Il existe deux grandes catégories de morphèmes : les morphèmes lexicaux (ou lexèmes) et les morphèmes grammaticaux. Dans la terminologie de la linguistique fonctionnelle d'André Martinet, ces deux catégories sont regroupées sous le nom de monème, et le terme de morphème est réservé aux seuls morphèmes grammaticaux.
Les morphèmes grammaticaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe fermée, tels que « tu », « à », « et », etc.
Les morphèmes lexicaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe ouverte, tels que « lave », « vite », « lune », etc.
Morphèmes liés ou libres
On peut dire d'un morphème qu'il est :
- lié s'il ne se manifeste pas comme lemme et n'existe jamais à l'état libre, mais est toujours rattaché à un autre morphème appelé base : comme -ons dans ouvr-ons ou re- dans re-faire ;
- libre s'il peut constituer un mot : le ou beau sont libres ;
On distingue deux classes de morphèmes liés : les morphèmes dérivationnels et les morphèmes flexionnels.
Morphèmes dérivationnels
Les morphèmes dérivationnels servent à la création de nouveaux mots lexicaux par dérivation. Ils sont appelés affixes.
On distingue deux types principaux de morphèmes dérivationnels selon deux critères : la place qu'ils occupent par rapport à la base lexicale sur laquelle ils se greffent et leur effet sur la catégorie de la base.
- Les préfixes sont des affixes qui sont antéposés à la base, tel que « dé » dans « défaire » et « re » dans « refaire ». Les préfixes ne provoquent jamais de changement de catégorie grammaticale de la base.
- Les suffixes sont des affixes qui sont postposés à la base, tel que « ment » dans « agréablement » et « able » dans « mangeable ». Les suffixes peuvent entrainer un changement de catégorie grammaticale de la base.
La dérivation peut s'opérer à la fois par une préfixation et une suffixation, et l'on parle alors de dérivation parasynthétique.
Morphèmes flexionnels
Les morphèmes flexionnels indiquent la relation que la base à laquelle ils s'ajoutent entretient avec les autres unités de l'énoncé.
On distingue deux types principaux de flexions selon la catégorie de la base :
- les flexions qui concernent les bases nominales, adjectivales et pronominales. Elles sont de trois sortes en français : le genre, le nombre et les cas.
- les flexions verbales qui correspondent à la conjugaison des verbes. Elles ont pour fonction de marquer la personne, le nombre, le temps, le mode et la voix.
Un morphème flexionnel ne modifie jamais la catégorie de la base à laquelle il s'adjoint, contrairement aux morphèmes dérivationnels.
Morphèmes autonomes ou dépendants
On peut dire d'un morphème qu'il est
- autonome, s'il peut constituer un énoncé à lui seul (comme une réponse à une question) et ne dépend pas forcément d'autres éléments : rouge, ville ;
- dépendant, s'il est lié à d'autres mots de la phrase (qu'ils soient présents ou supposés) qu'il sert à construire : de, il, avec, demain. Noter que si avec peut à lui seul constituer un énoncé valide (Ton café, avec ou sans sucre ? Avec.), il faut tout de même sous-entendre un autre terme. Il reste dépendant. De même pour demain, qui nécessite une situation de communication : « demain par rapport au moment où je parle ».
Morphologie des morphèmes
On peut distinguer les morphèmes selon leur morphologie.
Morphèmes à signifiant discontinu
Les morphèmes à signifiant discontinu sont formés d'une succession d'éléments répartis à plusieurs endroits dans un énoncé.
- « Il ne sait pas » est composé notamment d'un morphème discontinu « ne (...) pas » qui indique la négation ;
- « Il a mangé » comporte un morphème discontinu « a (...) é » qui indique le temps du passé composé.
Morphèmes amalgamés en un seul signifiant
Certains morphèmes s'amalgament un seul signfiant :
- dans l'énoncé « Aller au marché », « au » est un amalgame des morphèmes « à » et « le » ;
- dans l'énoncé « La niche du chien », « du » est un amalgame des morphèmes « de » et « le ».
Morphèmes à signifiant zéro
Les morphèmes à signifiant zéro sont des morphèmes non marqués, c'est-à-dire des silences qui signifient quelque chose. Si l'on compare les trois énoncés suivants, leur transcription phonétique et leur découpage et morphèmes :
- mangions /mɑ̃ʒ-j-ɔ̃/ ;
- mangerons /mɑ̃ʒ-r-ɔ̃/ ;
- mangeons /mɑ̃ʒ-Ø-ɔ̃/.
on peut considérer que mangeons comporte un morphème à signifiant zéro indiquant le présent par opposition aux morphèmes /j/ et /r/ qui indiquent respectivement l'imparfait de l'indicatif ou le présent du subjonctif et le futur simple de l'indicatif.
Allomorphes
Les morphèmes qui sont des variations contextuelles et sont donc en distribution complémentaire sont des allomorphes.
Synthèmes
Les morphèmes multiples qui fonctionnent comme un morphème simple sont des synthèmes.
Voir aussi
- Mot-composé.
- Mot-valise.
Catégorie:Linguistique
ja:形態素
ko:형태소
Phonologiecatégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
La phonologie est une branche de la linguistique qui étudie comment s'organisent les sons d'une langue afin de former des énoncés. Il ne faut pas la confondre avec la phonétique qui, elle, s'intéresse aux sons eux-mêmes, indépendamment de leur fonctionnement les uns avec les autres. En sorte, la phonétique s'intéresse aux sons en tant qu'unités physiologiques, la phonologie aux sons en tant qu'ils font partie d'une structure.
La transcription phonologique se place entre barres obliques : /ra/ est la transcription du mot français rat. Chaque symbole utilisé doit ne renvoyer qu'à un seul phonème et chaque phonème ne doit être codé que par un seul symbole. Les symboles utilisés sont proches de ceux de l'API mais on trouve de nombreuses méthodes de transcription, selon les langues, les auteurs, les époques. On trouvera ici une liste de ces différentes méthodes.
Exposé de la méthode phonologique
Distinguer le son du phonème
Un francophone peut prononcer le mot « rat » avec un /r/ roulé, grasseyé ou normal (dit « parisien ») ; la phonologie n'y verra cependant qu'un seul phonème /r/ car il n'est pas possible, en français, d'opposer trois mots qui débuteraient chacun par une de ces sortes de /r/ et seraient suivi de /a/ : cette distinction n'intéresse que la phonétique. En sorte, [ra] (avec /r/ roulé), [ʀa] (avec /r/ grasseyé comme les prononçait Édith Piaf) et [ʁa] (avec un /r/ normal), se réduisent tous trois à la suite de phonèmes /ra/ et ces suites de phonèmes désignent tous le même mot. On dira alors que les sons [r], [ʀ] et [ʁ] sont des allophones du phonème /r/, c'est-à-dire diverses possibilités de réalisation qui ne contrastent pas en français (alors que [r] et [ʀ] s'opposent dans certaines prononciations de l'arabe et constituent deux phonèmes distincts).
La phonologie n'ayant pas besoin de viser à une aussi grande précision que la phonétique, elle n'utilise pas autant de symboles que cette dernière et suit souvent des notations qui sont propres à l'étude de chaque langue. Ainsi, dans l'exemple précédent, si [ʀ], [ʁ] et [r] (notation phonétique) désignent des sons différents, /r/ (notation phonologique) servira à dénoter n'importe lequel des allophones tant que ceux-ci ne s'opposent pas dans la langue. De plus, si l'on peut décrire phonétiquement les sons comme ils se présentent, à la suite, il faut, en phonologie, respecter la règle un signe = un phonème. Par exemple, dans le mot anglais choose, ce qu’un Français analyserait spontanément comme une succession de deux sons [t] + [ʃ] (« ch »), correspond en fait à un seul son : une affriquée. Ce son, représenté par un seul symbole /ʧ/, a également statut de phonème parce qu’il permet d’opposer des paires minimales contenant /t/ ou /ʃ/ (tat et chat). Dans la phrase anglaise, on peut parfaitement trouver une succession /t/ + /ʃ/. Ici, /ʧ/ s’oppose à /tʃ/ et suffit à modifier le sens de la phrase ; comparer :
:/wai'ʧu:z/ why choose
:/wait'ʃu:z/ white shoes
Les traits pertinents et les unités discrètes
Les corrélations
La distribution
Le problème des phonèmes composés
Notion de système phonologique
Liste de termes propres à la phonologie
- unité discrète ;
- unité suprasegmentale ;
- allophone ;
- distribution (libre, complémentaire, partielle, etc.) ;
- neutralisation ;
- phonème ;
- archiphonème ;
- paire minimale (et opposition pertinente) ;
- signe linguistique.
- structure
pathologies du système phonologique
les troubles phonologiques sont des troubles qui atteignent la constitution du système phonologique, et par conséquent la construction du système phonologique des mots. Il s'agit de troubles centraux, qui touchent l'intégrité des représentations d'un niveau linguistique dans le système cognitif.
ja:音韻論
ko:음운론
Morphologie
Biologie
La morphologie est une branche de la biologie qui traite de la structure externe des animaux et des plantes, et décrit leurs variétés, homologies et évolutions.
Géologie
Aussi appelée géomorphologie, c'est la branche de la géologie qui étudie les caractéristiques, la configuration et l'évolution de formes de terrains et de roches.
Cristallographie
La morphologie d’un cristal est l’ensemble de ses faces développées. Les dimensions relatives des faces d’une substance cristalline dépendent des conditions de croissance et peuvent varier d’un cristal à l’autre : le caractère constant est l’angle dièdre entre les faces.
Probabilités
On nomme morphologie mathématique l'étude de champs de probabilités sur un domaine spatial.
Linguistique
La morphologie est la branche de la linguistique qui étudie la façon dont les morphèmes se combinent pour former des lemmes (par dérivation, composition, flexion, redoublement et/ou affixation).
Catégorie:Linguistique
Catégorie:Sciences de la Vie
André MartinetMartinet, André Martinet, André Martinet, André
André Martinet (Saint-Alban-des-Villards, 12 avril 1908 - Châtenay-Malabry, 16 juillet 1999) est un linguiste français.
Agrégé d'anglais, il soutient en 1937 ses deux thèses de doctorat : La Gémination consonantique d'origine expressive dans les langues germaniques et La Phonologie du mot en danois.
De 1938 à 1946, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il dirige ensuite l'International Auxiliary Language Association à New York (1946-1948), où il contribue à l'élaboration de l'interlingua. Il enseigne à l'université Columbia, où il est nommé directeur du département de linguistique (1947-1955) et devient directeur de la revue Word.
En 1955 il retrouve son poste à l'École pratique des hautes études et occupe la chaire de linguistique générale à la Sorbonne, puis à Paris V. Il est président de la Société européenne de linguistique (1966-1999), fonde la Société de linguistique fonctionnelle et la revue La Linguistique.
Influencé par l'école de Prague, il fonde l'approche fonctionnaliste de la syntaxe (Langue et Fonction, 1962). Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages importants en linguistique diachronique (Économie des changements phonétiques, 1955) et en linguistique générale. Son ouvrage le plus connu, Éléments de linguistique générale (1960) a été traduit dans 17 langues et a influencé toute une génération de linguistes en France et dans le monde. Il est également l'auteur de: Syntaxe générale (1985), Fonction et dynamique des langues (1989). Il a laissé une autobiographie intellectuelle : Mémoires d'un linguiste, vivre les langues (1993).
Publications
- La description phonologique avec application au parler francoprovençal d'Hauteville (Savoie), coll. « Publication romanes et françaises », Genève, Librairie Droz, 1956.
- Éléments de linguistique générale, Paris, Armand Colin, 1960.
- Langue et fonction, 1962.
- La linguistique synchronique, Paris, Presses universitaires de France, 1965.
- Le français sans fard, coll. « Sup », Paris, PUF, 1969.
- Évolution des langues et reconstruction, Paris, PUF, 1975.
- Syntaxe générale, 1985.
- Des steppes aux océans, Paris, Payot, 1986.
- Fonction et dynamique des langues, Paris, Armand Colin, 1989.
- Mémoires d'un linguiste, vivre les langues, 1993.
Ferdinand de SaussureFerdinand de Saussure, linguiste suisse né à Genève le 26 novembre 1857, mort au château de Vufflens sur Morges le 22 février 1913.
Il est considéré comme le fondateur de la linguistique moderne. Dans son Cours de linguistique générale (1916), publié après sa mort par ses élèves, il définit certains concepts fondamentaux (distinction entre langage, langue et parole, entre synchronie et diachronie, caractère arbitraire du signe linguistique, etc.) qui inspireront non seulement la linguistique ultérieure mais aussi d'autres secteurs des sciences humaines.
Idées
- Saussure distingue le langage (faculté d'utiliser une langue), la langue (ensemble de signes utilisés par une communauté. Ex : le français, l'anglais) et la parole (énoncés d'un locuteur dans une langue donnée).
- Théorie du signe comme association par l'esprit d'un signifiant (image mentale, visuelle ou acoustique d'un mot) et d'un signifié (concept, c'est-à-dire représentation mentale d'une chose). (Voir la page sur le signe linguistique.)
- Le langage découpe simultanément un signifiant dans la masse informe des sons et un concept dans la masse informe des percepts.
- Le langage a une dimension synchronique (rapports entre les signes à un instant donné) et une dimension diachronique (évolution des signes au cours du temps).
- Tout signe est défini par rapport aux autres, par pure différence (négativement) et non par ses caractéristiques propres ("positives") : c'est le caractère structural de la linguistique saussurienne. Cette idée est à l'origine du structuralisme et de la philosophie de Derrida.
- Le rapport entre le signifiant et le signifié est arbitraire ; c'est ce qui distingue le signe du symbole (la balance qui symbolise la justice est reliée conceptuellement à elle, contrairement au mot « chat » relié à une boule de poils mouvante).
Liens externes
- [http://www.infotheque.info/ressource/7403.html Le cours de linguistique générale de Saussure : Le rôle de la langue vis-à-vis de la pensée] Sandrine Tognotti, Université de Genève, 1997.
Saussure, Ferdinand de
Saussure, Ferdinand de
Saussure, Ferdinand de
Saussure, Ferdinand de
Saussure, Ferdinand de
ja:フェルディナン・ド・ソシュール
ko:페르디낭 드 소쉬르
Langue naturelle
Une langue ethnique (aussi langue naturelle) est une langue qui s'est formée petit à petit au fil du temps. Son origine est bien souvent floue et peut être retracée plus ou moins clairement par la linguistique comparée. On oppose les langues ethniques aux langues construites, qui, elles, ont été formées intentionnellement par un homme ou un groupe d'hommes pour remplir un besoin précis.
Quelques langues naturelles
Voici quelques exemples de langues naturelles :
- L'allemand
- L'anglais
- L'espagnol
- Le français
- Le mandarin
Catégorie:Langue
ja:自然言語
ko:자연어
th:ภาษาธรรมชาติ
Langue construiteUne langue construite ou langue artificielle (étym. faite par l'art) est une langue qui est construite par des hommes pour une utilisation pratique et non fictive. Les langues construites s'opposent aux langues nationales. Pourtant, toutes deux sont in fine des créations de l'espèce humaine. La différence tient donc davantage à un facteur d'échelle :
- les langues construites ont été créées dans un passé plus ou moins proche par un groupe limité voire par une seule personne ;
- les langues nationales ont une origine beaucoup plus reculée et se créent plutôt qu'elles ne sont créées à partir d'une langue mère par divers processus de transformations et d'adaptations (comme l'évolution phonétique), généralement non planifiés. Certaines langues actuelles ont cependant subi des processus de planification, comme l'indonésien, l'allemand, le norvégien. Elle ne sont pourtant pas considérées aujourd'hui comme des langues artificielles, le terme qui leur est appliqué en sociolinguistique est celui de langue « Ausbau », alors que des langues construites visant à l'intercommunicabilité entre des formes dialectales non mutuellement intelligibles, souvent à cause de la distance, sont qualifiées de langue-toit (l'arabe littéraire ou le romanche). Il est donc difficile de cloisonner les langues dans ces deux catégories, puisque même les langues initialement construites, ayant suffisement de locuteurs, évoluent comme tout autre langue.
En fait une langue construite, comme le montre l'espéranto qui est devenu une langue utilisée par une communauté suffisamment importante, finit également par connaître des processus de transformation et d'adaptation. Voir l'article Évolutions de l'espéranto
Les motivations
On peut distinguer quatre types de motivations pour la création d'une langue :
- Une langue internationale :
La volonté de créer une langue internationale est avant tout un acte politique :
- Le peuple qui réussit à imposer sa langue comme langue internationale, impose également sa culture et son style de vie. Une langue construite permettrait de sauvegarder la diversité des cultures. Cependant, elle contient également une partie de la culture de son constructeur (choix des racines, grammaire choisie, prononciation…), et l'impose donc aussi si les choix de son initiateur n'ont pas été éclairés par une grande connaissance des autres cultures et des autres langues.
- Les langues nationales sont complexes à apprendre, et seule une élite peut parvenir à les maîtriser suffisamment bien pour jouer un rôle international de premier plan. Notons que certaines langues de type lingua franca comme l'indonésien ou le swahili sont également faciles à apprendre.
Il semble qu'à ce jour seul l'espéranto, avec une communauté estimée à environ deux millions de locuteurs par le Professeur Culbert (mais à 100 000 selon d'autres estimations), ait réussi à percer malgré la puissance de l'anglais, considéré par la plupart des gens comme la langue internationale de facto. L'espéranto est d'ailleurs la seule langue construite qui soit connue du grand public : son nom est d'ailleurs devenu un nom commun, utilisé le plus souvent dans d'autres domaines, sans faire référence à la langue elle-même et sans la connaître. Ainsi pour le grand public « outil de communication international » et « espéranto » sont quasi-synonymes.
Il faut noter la différence entre langue internationale et langue universelle. La langue universelle prétend devenir la langue maternelle de l'ensemble de l'humanité. Même si cette idée semble partir de bons sentiments, elle véhicule intrinsèquement l'idée de nivellement de toutes les cultures humaines, bien que l'on ne puisse pas réduire la culture à la langue. La langue internationale a, elle, un objectif radicalement contraire : celui de devenir une langue auxiliaire destinée aux échanges internationaux, venant en complément des langues nationales qui doivent rester les langues maternelles privilégiées.
La question est de savoir si un système de double langue peut perdurer, et de quelle manière. Car une fois ce système mis en place, et la langue internationale généralisée donc, rien n'empêchera un système politique totalitaire de tenter de faire disparaitre certaines langues nationales, voire toute langue autre que l'internationale, si un tel système politique parvient à contrôler la planète entière. Ce danger existe cependant quelle que soit la langue internationale (devenant alors "universelle") utilisée, construite ou non.
- L'application d'un principe théorique :
Certaines langues construites, comme le lojban, ont été créées pour illustrer des théories linguistiques.
- Une langue de fiction :
La création d'une langue (comme celle d'une mythologie ou d'une histoire par exemple) permet de donner une profondeur à une civilisation. Plusieurs auteurs ont ainsi créé des langues pour les héros de leur œuvre (par exemple les langages elfiques de J.R.R. Tolkien). De même, un groupe de musique progressive des années 1970, Magma, ne chantait qu'en kobaïen, langue créée pour l'occasion.
- Le plaisir de la création :
Cette motivation peut sembler étonnante lorsque l'on songe au temps que nécessite la création d'une langue. Pourtant, il suffit de lancer une recherche sur Internet avec le mot clef conlang pour voir que le nombre de langues construites sans autre finalité que le plaisir de créer est impressionnant.
Un peu d'Histoire
Le premier essai vaguement connu de création d'un langage universel nous ramène au . Précurseur dans le domaine de l'expérimentation médicale, Galien construit un système de signes dont il ne reste pour traces que quelques notes historiques. Dix siècles s'écoulent ensuite sans événement notable dans ce domaine jusqu'à ce que l'abbesse Hildegarde de Bingen élabore un système de langue écrite et parlée par elle seule, Lingua Ignota.
; Dante Alighieri (1265- 1321) poète italien :
Entre 1304 et 1307, il rédigea Il Convivio ( « le Banquet » ), où il entrevoit la possibilité d'une langue commune à toute l'Italie.
« Il y a une langue qui n'est la propriété de personne, qui est audible dans chaque ville,dans chaque région mais qui n'appartient à aucune ville ou région définie.C'est un nouveau soleil qui brillera là où était l'obscurité. Et... on la critique par fierté personnelle... parce que l'on connaît plusieurs... »
; François Rabelais (1494-1553) écrivain français :
« C'est erreur de dire que nous ayons langage naturel : les langues sont par institution arbitraire et convention des peuples. »
; Francis Bacon (1561-1626) :
Savant et philosophe anglais, chancelier d'Angleterre sous Jacques Ier. Adversaire de la scolastique et partisan de la méthode expérimentale dans Instauratio magna, il établit une théorie de l'induction dans Novum Organum (1620) et une nouvelle classification des sciences; il élabora le schéma d'une langue universelle.
; René Descartes (1596-1650) philosophe et savant français :
20 novembre 1629. Lettre à son ami, le Père Mersenne :
« Il faudra que l'humanité crée une langue internationale; sa grammaire sera si simple qu'on pourra l'apprendre en quelques heures; il y aura une seule déclinaison et une seule conjugaison; il n'y aura point d'exceptions ni irrégularités et les mots dériveront les uns des autres au moyen d'affixes. »
; Comenius (Jan Amos Komenský, dit) (1592 - 1670) humaniste tchèque :
Auteur de Porte ouverte sur les langues (1631), il est un précurseur de la pédagogie moderne. Une langue commune est nécessaire pour le monde. Elle doit être « entièrement nouvelle » et « plus facile que toutes les langues ».
; Montesquieu (Charles de Secondat, baron de ) (1689 - 1755) écrivain français :
La communication des peuples est si grande qu'ils ont absolument besoin d'une langue commune.
; Ampère (André Marie) (1775 - 1836) physicien et mathématicien français :
Il a inventé à 18 ans, « une langue universelle au service de la paix et du rapprochement des peuples. »
; Zamenhof (Lejzer Ludwik) (1859 - 1917), ophtalmologiste et linguiste polonais :
Initiateur (en 1887) de l’espéranto.
« Quand les peuples pourront se comprendre, ils cesseront de se détester. »
; Léon Tolstoï (1828 - 1910) écrivain russe :
« Les sacrifices que fera tout homme de notre monde européen en consacrant quelques temps à l'étude de l'espéranto sont tellement petits, et les résultats qui peuvent en découler tellement immenses, qu'on ne peut pas se refuser à
faire cet essai. »
Lettre aux Éditions Posnednik du 27/04/1894.
; Gandhi (Mohandas Karamchand), dit le Mahatma, « la Grande Âme » (1869 - 1948) :
Philosophe, ascète et homme politique indien. Il fut le principal artisan de l’indépendance de l’Inde, qu’il entreprit d’obtenir de la Grande-Bretagne par la non-violence active.
« Je suis pour un même calendrier pour le monde entier, comme je suis pour une même monnaie pour tous les peuples et pour une langue auxiliaire mondiale comme l'espéranto pour tous les peuples. »
La construction d'une langue
Fondamentalement, une langue se construit autour de cinq piliers :
- un système d'écriture ;
- un système phonologique ;
- un lexique ;
- une grammaire (au sens large).
- une culture de référence (cette culture, toujours présente dans les langues nationales, est absente des langues créées artificiellement)
On distingue deux types de langues construites, selon que leur vocabulaire et leur grammaire s'inspirent ou non de langues nationales : dans le premier cas on parle de langue construite a posteriori, dans le second cas de langue construite a priori.
Les langues a posteriori sont plutôt majoritaires, alors que les langues a priori sont généralement plus théoriques. On reconnaît souvent une langue a posteriori par l'utilisation qu'elle fait de mots provenant d'une ou plusieurs langues nationales (en espéranto, terre : tero, ciel : ĉielo, eau : akvo, feu : fajro), alors que les langues a priori utilisent pafois des chiffres, des symboles (langage Bliss), des notes de musique (Solresol)…
Exemples de langues construites
- anglais basique
- brithenig
- ceqli
- comunleng
- espéranto
- antido
- ido
- mondlango
- eureka
- folkspraak
- glosa
- interlingua
- kobold
- kotava
- latino sine flexione
- lingua franca nova
- lingua sistemfrater
- loglan
- lojban
- marparolo
- mondlango
- nordien
- novial
- occidental
- pasigraphie
- romanizat
- signuno
- slovio
- solresol
- toki pona
- Üqoi
- verdurien
- volapük
- wenedyk
- zoinx
Exemples de langues construites dans des œuvres de fiction
- dans l'œuvre de Tolkien :
- noir parler (langue des Orques)
- khuzdûl (langue des Nains)
- quenya (langue des Hauts Elfes)
- sindarin (langue des Elfes Gris)
- novlangue (simplification de l'anglais visant à rendre impossible l'expression des idées subversives, puis à limiter les libertés personnelles, dans le roman 1984 de George Orwell)
- klingon (langue des Klingons dans Star Trek, créée par Mark Okrand)
- [http://www.zompist.com/syldave.html syldave] (langue de la Syldavie, des aventures de Tintin)
- kobaïen (langue créé par Christian Vander avec le groupe Magma dans les années 1970)
- europanto (langue formalisée par Diego Marani et utilisée dans son Las adventures des inspector Cabillot, 1999)
- paralloïdre (langue du poète André Martel)
Voir aussi
- centre de documentation et d'étude sur la langue internationale
- langue internationale
- linguistique
Liens externes
- [http://esperanto.bretonio.free.fr/dokumentoj/prelego_lang_int_publ.htm Les langues internationales publiées] Conférence en français de Sébastien Erhard sur l'interlinguistique et le thème des langues internationales publiées
- [http://donh.best.vwh.net/Esperanto/EBook/chap03.html Aperçus sur plusieurs langues construites (en anglais)]
- [http://www.sys.uea.ac.uk/~jrk/conlang.html Quelques liens sur internet relatifs aux langues construites]. (en anglais) Compilé par Richard Kennaway. On trouve environ 310 langues construites dans la liste.
- [http://www.zompist.com/kit.html The Language Construction Kit (en,br,it)] Si vous désirez créer une langue, cette page est un bon point de départ.
- [http://www.kli.org The Klingon Language Institute (en)] Le site de référence sur la langue klingon. On y trouve un cours par correspondance, en anglais.
- [http://www.bde.espci.fr/perso/grands16/Conlang/intro.html Qu'est-ce qu'une conlang ? (fre)] Une introduction aux conlangs (constructed languages).
-
ko:인공어
ja:人工言語
VolapükLe volapük est une langue construite inventée en 1879 par le prêtre catholique allemand Johann Martin Schleyer (1831-1912).
Histoire
Le volapük connut un succès rapide, faisant en quelques années plus de cent mille adeptes en Europe et en Amérique. Il se répandit tout d'abord en Autriche, où fut fondée en 1882 la première société pour sa propagation. En 1884, il se diffusa en Hollande et en Belgique. En 1885, Auguste Kerckhoffs, professeur à l'École des hautes études commerciales de Paris, le propagea en France par ses conférences et ses publications, suscitant la création d'une Association nationale pour la propagation du volapük.
Les publications de Auguste Kerckhoffs contribuèrent également à faire connaître le volapük en Espagne, en Italie et au Portugal. En 1885 et 1886, ce fut le tour de la Suède, du Danemark et de la Russie. En 1888, un manuel le présenta au public anglophone.
Auguste Kerckhoffs estimait alors à 210 000 le nombre de personnes ayant étudié le volapük. Il s'agit probablement d'une évaluation très optimiste. Néanmoins, le nombre d'adeptes était important. À Vienne par exemple, les cours de volapük rassemblèrent au cours de l'hiver 1886-87 environ 2 500 élèves. En 1887, il existait dans le monde 138 associations de volapükistes et onze périodiques consacrés au volapük. En 1889, le nombre de clubs était passé à 283, le nombre de périodiques à 25, et on dénombrait 316 méthodes de volapük en 25 langues.
Les adeptes du volapük tinrent plusieurs congrès (à Friedrichshafen en août 1884, à Munich en août 1887...). Le Congrès de 1887 créa trois instances: une association mondiale (Volapükaklub Valemik), une Académie du volapük (Kadem Volapüka), et un journal officiel ou organe central (Volapükabled Zenodik). Le créateur de la langue, Schleyer, dirigeait l'ensemble du mouvement.
Ce succès apparent fut cependant suivi de conflits internes qui provoquèrent la disparition de la langue. En effet, non seulement la grammaire du volapük était relativement complexe malgré sa régularité, mais surtout le vocabulaire, à cause la déformation arbitraire des mots d'origine, était presque impossible à assimiler. Grabowski, qui l'avait étudié, aurait dit à Zamenhof : «L'auteur du Volapük parle très mal sa langue. Pendant notre conversation, nous avons dû recourir souvent au dictionnaire, et je ne sais lequel de nous deux l'ouvrit le plus souvent», (cité dans Maria Ziolkowska et Isaj Dratwer, Le Docteur Esperanto, 1959). Certains adeptes proposèrent donc des réformes et des simplifications, mais Schleyer s'y opposa, en déclarant qu'il était l'unique propriétaire de la langue et la seule personne à pouvoir autoriser des changements. Dès lors, le volapük se dispersa : plusieurs réformes donnèrent naissance à des projets concurrents (Dil, Dilpok, Nuvo-Volapük, Balta, Spelin, Veltparl, Idiom Neutral), et le volapük perdit peu à peu la plupart de ses locuteurs, un nombre important d'entre eux adoptant l'espéranto, tant l'idée d'une langue internationale neutre les préoccupait plus que la forme particulière que pourrait prendre cette langue. Ainsi en fut-il par exemple du groupe volapükiste de Nuremberg qui en 1888, à la suite de Léopold Einstein, adopta l'espéranto (qui avait été publié seulement en 1887) et constitua de ce fait le premier club d'espéranto qui ait existé. Le volapük n'est plus aujourd'hui pratiqué que par quelques rares personnes, qui sont pour la plupart des espérantistes curieux de voir à quoi ressemblait la première langue internationale à avoir connu un début de succès.
Le vocabulaire du volapük est emprunté à diverses langues européennes (avec des déformations souvent importantes), mais les principales sources sont l'anglais et l'allemand. Par exemple, les mots vol (« monde ») et pük (« langue ») viennent des mots anglais world et speak. Ces déformations, dues au souci de Schleyer de ne pas utiliser de phonèmes difficiles à prononcer par certains peuples, ont contribué à alimenter les moqueries des adversaires de la langue.
Prononciation
L'alphabet du volapük est composé des vingt-six lettres de l'alphabet latin excepté les trois lettres q et w (utilisées seulement dans les formules mathématiques). La lettre r a d'abord été enlevée pour faciliter aux asiatiques la prononciation du volapük (par exemple ami se dit flen de l'anglais friend). Le r a finalement été rajouté mais il est quasiment inexistant. Il contient de plus les lettres ä, ö, et ü. La prononciation est identique à la prononciation française, sauf dans les cas suivants :
:ä est prononcé comme en allemand é (à prononcer avec les sinus)
:ö est prononcé eu
:ü est prononcé u
:c est prononcé tch
:e est prononcé é
:h est toujours aspiré
:j est prononcé ch
:u est prononcé ou
:y est toujours une consonne
:z est prononcé ts
Grammaire
Déclinaisons
- Nominatif : vol = le monde - vols = les mondes
- Génitif : vola = du monde - volas = des mondes
- Datif : vole = au monde - voles = aux mondes
- Accusatif : voli = le monde - volis = les mondes
Formation des mots
Lorsque plusieurs racines coexistent au sein d'un même mot, on place généralement le mot le plus important à la fin.
:pokamon = argent de poche
:monapok = poche d'argent
On observe que le mot pokamon n'a rien à voir avec les Pokémons en dépit d'une ressemblance à l'écrit. C'est une déformation des mots anglais pocket (= poche) et money (= argent).
Chiffres
Les chiffres de 1 à 9 commencent et finissent par une consonne. La consonne de fin est toujours un l. On peut observer la suite des voyelles a e i o u ä ö ü, seul le chiffre 7 fait exception avec un e intercalé.
:bal = 1
:tel = 2
:kil = 3
:fol = 4
:lul = 5
:mäl = 6
:vel = 7
:jöl = 8
:zül = 9
En rajoutant un s, on obtient les dizaines correspondant, par exemple 10 se dit bals, 60 se dit mäls. Pour former les nombres de 10 à 99 on intercale un e, par exemple 73 se dit velsekil (e, ou ed devant un mot commençant par une consonne signifie et).
:(bal)tum = 100
:(bal)tumbal = 101
:(bal)tumtelsakil = 123
:kiltummälsefol = 364
:mil = 1.000
:telmil kiltumfolselul = 2.345
:balsmil = 10.000
:balion = 1.000.000
:folbalion jöltumvelsemälmil kiltumtelsezül = 4.876.329
:telion = 1.000.000.000
:Bims gretik lul = cinq grands arbres
Conjugaison
Les différents pronoms
Les pronoms en volapük sont :
:ob = je
:ol = tu
:or = vous (forme de politesse singulier)
:om = il (employé pour tous les mots masculins)
:of = elle (employé pour tous les objets animés féminins reconnus en tant que tel, si l'on parle d'un animal sans se préoccuper de son sexe, on emploiera om)
:os = neutre impersonnel
:on = neutre dans le sens du on collectif
Pour obtenir les pronoms pluriels au nominatif, on rajoute un s. La terminaison de l'infinitif des verbes est -ön (cela vient de l'allemand -en). Pour conjuguer, il suffit de remplacer la terminaison de l'infinitif par le pronom correspondant au nominatif.
:binön = être
:binom gretok = il est grand
:binos gudik = c'est bien
Les différents temps
Les différents temps en volapük sont le patük (présent), le petük (passé), le pätük (~ passé composé), le pitük (plus-que-parfait), le potük (futur) et le putok (futur antérieur). Pour conjuguer à ces différents temps, on utilise respectivement les préfixes a- (facultatif), e-, ä-, i-, o-, et u-.
:ebinol = tu étais""
Le passif se construit à l'aide du préfixe p-. Le complément d'agent est introduit par la préposition fa (= par)
:löfön = aimer
:palöfob fa ol = je suis aimé par toi (il est souvent plus agréable de faire appel au préfixe a- s'il est lui même précédé par le préfixe p-, cependant, on peut également dire plöfob fa ol)
Exemples
Le volapük est une langue agglutinante, cela signifie que les mots se forment par accumulation de préfixes et de suffixes issus de racines différentes.
:pük = la langue
:pükön = parler
:pükel = celui qui parle
:pükelik = rhétorique (-ik est la terminaison des adjectifs)
:nepük = le silence (ne est le préfixe de négation)
Le Notre Père :
:O Fat obas, kel binol in süls,
:paisaludomöz nem ola!
:Kömomöd monargän ola!
:Jenomöz vil olik,
:äs in sül, i su tal.
:Bodi obsik vädeliki givolös obes adelo.
:E pardolös obes debis obsik,
:äs id obs aipardobs debeles obas.
:E no obis nindukolös in tentadi,
:sod aidalivolös obis de bad.
L'hymne volapükien :
:Sumolsöd stäni blodäla!
:Dikodi valik hetobs;
:Tönöls jüli baladäla
:Volapüke kosyubobs,
:Vokobsöz ko datuval:
:"Menade bal, püki bal!"
Voir aussi
Articles connexes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues artificielles
Liens externes
- [http://personal.southern.edu/~caviness/Volapuk/Misc/volagram.html aperçu grammatical du volapük] (en espéranto)
- [http://personal.southern.edu/~caviness/Volapuk/HBoV/ manuel de volapük] en HTML, reproduction d'un manuel de 1888 (en anglais)
Catégorie:Langue artificielle
ja:ヴォラピュク
ko:볼라퓌크
simple:Volapük
Ido
right]
Introduction
L'ido est une langue construite issue de l'espéranto (ido signifie « fils/fille, descendant » en espéranto).
Quand l'ido est apparu au début du , il était le résultat de plusieurs décennies de travail sur les langues artificielles. Pour cette raison, ses inventeurs n'ont pas tout le mérite de leur succès ; Ils doivent beaucoup à leurs prédécesseurs dans ce domaine: Pascal, Descartes, Leibniz, mais surtout le père Johann Martin Schleyer, l'inventeur du volapük, et le Dr. Lejzer Ludwik Zamenhof, père de l'espéranto.
L'événement décisif dans l'histoire de l'ido fut la Délégation. Elle se réunit pour la première fois en 1900, et un comité fut fondé en 1907. Ce comité comprenait d'éminents linguistes, des scientifiques et des philosophes, et ils parvinrent rapidement à la conclusion qu'il n'existait alors que deux projets de langue internationale dignes d'intérêt. Le premier était l'espéranto, inchangé depuis son apparition en 1887; le second était une langue appelée Idiom Neutral, qui avait été développée par l'ancienne Académie du Volapük. La Délégation décida finalement de choisir l'espéranto, mais en appliquant des réformes définies par le projet « ido », qui n'était alors connu que par le pseudonyme de l'auteur anonyme d'un nouveau projet, qui résumait les projets précédant la Délégation. Cette réforme prenait également en compte les progrès linguistiques effectués par l'Idiom Neutral.
Ce qui gêne dans cette affaire, c'est que, comme le découvrit après la guerre Ric Berger en étudiant la correspondance de Couturat, l'auteur de l'ido était précisément Couturat lui-même, membre de la Délégation et qui se trouvait ainsi à la fois juge et partie! Comme il n'avait pas officiellement le droit de proposer un projet, l'ido fut d'abord présenté comme l'œuvre d'un auteur anonyme puis, comme il fallait bien après qu'il eut été choisi jeter le masque ou au moins un masque, de Beaufront accepta le rôle d'homme de paille et revendiqua la paternité de l'ido, alors que c'est lui qui avait été officiellement choisi pour défendre l'espéranto devant la Délégation.
Et c'est ainsi que naquit l'ido. Le philosophe français Louis Couturat et ses collègues, dont Louis de Beaufront, père putatif de la langue, travaillèrent à la perfection du système. Ils perdirent dans ce projet le soutien des espérantistes, qui restèrent dévoués au « Fundamento » de Zamenhof, qui fixait définitivement les règles de bases de leur langue. Certains traits de l'espéranto, jugés gênants par les partisans de la nouvelle langue, avaient été éliminés : le j du pluriel (critiqué comme « lourd », « peu naturel » et utilisé dans aucune autre langue, bien qu'il y ait une ressemblance avec le grec ancien); l'accord de l'adjectif avec le nom en cas et en nombre; les terminaisons obligatoires pour l'accusatif; et les lettres accentuées difficiles à imprimer. Couturat révisa en outre intégralement le système de dérivation de l'espéranto, pour produire un système plus précis, car chaque affixe avait une signification définie qui ne pouvait pas être « déformée », et le principe global d'ajout d'affixes aux mots était totalement réversible. Pour ses partisans, cela signifiait que l'ido était plus simple, plus précis et plus puissant que l'espéranto. C'est pourtant l'espéranto et non l'ido qui compte le plus d'adeptes à l'heure actuelle.
Principales différences avec l'espéranto
L'alphabet de l'espéranto comporte six lettres non latines (ĉ,ĝ,ĥ,ĵ,ŝ,ŭ) dont trois n'existent dans aucune autre langue. En conséquence, aucun moyen direct n'est prévu pour leur saisie, qui devra être effectuée par le biais d'un outil permettant l'insertion de ces caractères en Unicode. L'ido résoud ce problème en utilisant seulement les 26 lettres de l'alphabet latin.
Pour des raisons de simplicité grammaticale, l'ido n'impose pas l'accord en genre et en nombre entre le nom et l'adjectif, cet accord étant souvent redondant mais permettant parfois de désambiguïser une expression. Le pluriel des noms est formé en rajoutant un i final, alors qu'en espéranto on utilise un j pour la même fonction.
L'espéranto exige que les compléments d'objet direct prennent un n final pour indiquer l'accusatif. L'ido permet l'utilisation de cette caractéristique dans des conditions autrement ambiguës, quand l'objet ne suit pas le sujet, mais dans toutes les autres situations l'accusatif a été éliminé puisqu'il est considéré comme redondant.
Publications
accusatif
Voir aussi
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues artificielles
- - espéranto
- [http://io.wiktionary.org Wiktionary en ido]
Bibliographie
- Otto Jespersen, An International Language (George Allen et Unwin)
- Henry Jacob, A Planned Auxiliary Language (Dennis Dobson).
Liens externes
- [http://idofrancais.free.fr/ Communauté mondiale francophone pour la langue internationale ido]
- [http://ido-france.org/ Association Ido-France]
- [http://www.geocities.com/Paris/Rue/8009/idolinguo.html La langue internationale IDO]
- [http://www.ido-france.org/Ido_pour_tous/ Cours d'Ido : Ido pour tous]
- [http://www.geocities.com/Paris/Rue/8009/manuel.html Cours d'Ido : Manuel d'étude]
- [http://ido.redmail.com/idfr.htm Vocabulaire Ido-français]
- [http://www.ido-france.org/historique_Jespersen.htm L'histoire de la Délégation] a été écrite en Ido par Jespersen en 1912, on la trouvera ici à côté de sa traduction dans un français pénible.
catégorie:langue artificielle
als:Ido
ja:イド語
ko:이도
ms:Bahasa Ido
simple:Ido
InterlinguaIl existe deux langues construites portant le nom d'Interlingua. La première, l'interlingua de Giuseppe Peano, est plus connue sous le nom de latino sine flexione. L'autre, l'Interlingua élaborée par lInternational Auxiliary Language Association, est celle à laquelle on réserve aujourd'hui ce nom et qui sera traitée dans cet article.
La construction de l'interlingua a été achevée en 1951. L'un des principaux contributeurs a été Alexander Gode, auteur d'un précis grammatical, d'un dictionnaire Interlingua-anglais et d'un ouvrage d'introduction à la langue intitulé Interlingua a Prime Vista.
Le vocabulaire de l'interlingua est emprunté essentiellement aux langues romanes ainsi qu'à l'anglais considéré comme langue romane (ce qu'il est dans une grande partie de son vocabulaire). La grammaire est également inspirée (avec un grand nombre de simplifications) de ces langues. Le principe paraît séduisant : il existe un vocabulaire international, d'origine gréco-latine, compris dans le monde entier, il suffirait de l'employer pour se faire comprendre partout ; il est donc inutile d'inventer des mots ou de les déformer comme le fait l'espéranto : pour «calvitie», ne comprendra-t-on pas mieux «calvitia» que «senhareco»? Dans la réalité tout est moins simple: pour l'idée de «vendre» on a bien «vender», mais quel mot international trouver pour «acheter» ? Au début on disait «emer», du latin «emere», mais bien peu de gens pouvaient savoir de quoi il s'agissait. Maintenant on préfère «comprar», qui n'est clair cependant que pour les hispanophones, les lusophones et les italophones.
Une solution serait de procéder comme autrefois pour les thèmes latins où l'on n'avait le droit d'employer que les mots utilisés par Cicéron et César : on usait de périphrases et nos dictionnaires en proposaient de fort savoureuses. Dans le cas qui nous occupe on pourrait dire «acquerer per moneta» mais il faudrait que plusieurs équipes de spécialistes, ingénieux et compétents, se missent au travail pendant plusieurs années. Qui les paiera?
Alexander Gode, le fondateur de l'Interlingua, avait en tête le modèle du Hochdeutsch, allemand commun artificiel créé par la chancellerie impériale à partir des formes les plus communes et que Luther a promu au rang de langue littéraire en l'employant pour la traduction de sa Bible. Mais jusqu'ici l'Interlingua n'a pas produit de génies littéraires, et le style de Gode en Interlingua (par exemple [http://www.interlingua.com/lectura/gode-5-theses-babel-ia.htm]) est bien inférieur au style de Zamenhof en espéranto (par exemple [http://www.esperanto.pl/page.php?tid=1273]).
Il existe aujourd'hui une Union mondiale pour l'interlingua (Union Mundial pro Interlingua), qui compte des adhérents dans le monde entier, et une Union Interlinguiste de France. On trouve aussi une abondante littérature en interlingua, ainsi que des sites Web et des revues.
Buts et critiques
Cette langue a été créée dans le but de faciliter les échanges internationaux mais les adeptes d'une langue internationale neutre préfèrent souvent l'étude de l'Espéranto ou l'Ido dont la grammaire est beaucoup plus simple. On reprochera à l'Interlingua une grammaire beaucoup trop complexe et surtout trop proche des langues romanes. Bien que l'Espéranto soit aussi largement inspiré des langues romanes, sa grammaire est beaucoup plus souple et donc plus ouverte à ceux qui pratiquent une langue non indo-européenne comme une majorité d'Asiatiques et d'Africains. De ce fait, l'Espéranto est de loin la langue la plus utilisée des deux, bien que ses adeptes et ceux de l'Interlingua partagent le même but, celui de rendre officiel et universel l'emploi d'une langue commune et grammaticalement plus simple comme outil entre deux interlocuteurs de langues différentes.
A la décharge de l'Interlingua, il faut dire qu'à son origine ses créateurs pouvaient espérer être soutenus financièrement pendant un temps suffisamment long, et c'était le cas vers la fin des années quarante, lorsque Mrs. Morris était le mécène de l'IALA ; mais, convertie au catholicisme, elle s'est brusquement désintéressée du projet et, si elle a continué à verser des fonds tant qu'elle a vécu, elle n'a pas laissé un sou après elle. Et l'on pense bien que ses héritiers se sont bien gardés de le faire. Pris de court, Gode a publié la langue dans l'état où elle était : s'il avait disposé de quelques années de plus, peut-être aurait-il proposé mieux.
Exemple de texte en Interlingua : le Notre Père
[http://www.wikipedia.com/upload/paternoster-ia.mp3 Écouter]
Nostre Patre, qui es in le celos,
que tu nomine sia sanctificate;
que tu regno veni;
que tu voluntate sia facite
super le terra como etiam in le celo.
Da nos hodie nostre pan quotidian,
e pardona a nos nostre debitas
como nos pardona a nostre debitores,
e non duce nos in tentation,
sed libera nos de malo.
Les cinq thèses d'Alexander Gode
Pour essayer de connaître la pensée exacte de Gode (ce qui n'est peut-être pas très facile), il convient de lire sous [http://www.interlingua.com/lectura/gode-5-theses-babel-ia.htm [1]] ses Cinque theses a clavar ad le portas de Babel. Pour les gens pressés on peut les résumer ainsi:
1°) L'idée d'une langue universelle ne survit plus aujourd'hui que dans les conceptions fausses de personnes incultes (in le conceptiones false de personas inculte); c'est que les différences fondamentales entre les langues sont d'abord des différences dans les modèles conceptuels et non dans la forme des mots (le differentias fundamental inter le linguas son primemente differentias in le patronos conceptual, non in le formas del parolas). S'efforcer de fournir à l'humanité un outil commun de communication, c'est donc fuir des problèmes difficiles en se réfugiant dans des solutions impossibles (fugir de problemas difficile per refugiar se in solutiones impossibile).
2°) Il est absurde d'argumenter contre l'espéranto en disant qu'il serait inefficace, peu pratique ou répugnant ( es absurde arguer contra esperanto per dicer que illo es inefficace, non practic, o repulsive); aucune langue n'est répugnante en elle-même et il est prouvé jusqu'à l'évidence qu'on peut parfaitement en espéranto non seulement tenir une conversation mais se faire la cour et se marier ( facer le corte e maritar se ). Le problème c'est que l'espéranto est resté jusqu'ici une langue d'initiés; bien sûr ces initiés ne cherchent pas à se cacher et rêvent au contraire au jour où leur langue sera enseignée dans le monde entier comme langue seconde, mais cela ne pourrait se faire que par un décret autoritaire d'une assemblée mondiale dotée de tous les pouvoirs ou par la sagesse bienveillante d'un dictateur mondial (per decreto; per le decision de un assemblea mundial de plenipotentiarios; per le benevolentia sapiente de un dictator mundial). Or dans le domaine de l'intelligence et de l'esprit, où plongent les racines des langues, il est impossible de réaliser par des décrets autoritaires un projet révolutionnaire. Les opérations du monde de l'esprit constituent une économie libérale où les plans administratifs peuvent guider et diriger mais jamais contraindre (in le dominio del intellecto e del spirito, ubi son le radices del lingua, il es impossibile realisar per decretos un plano revolutionari. Le operationes del mundo spiritual constitue un economia libere ubi le planos administrative pote guidar e diriger mais non jammais compeller).
3°) La prétention de l'espéranto ou même de l'interlingua de vouloir déloger l'anglais de la position qu'il occupe comme langue internationale ne fait pas penser au combat de David contre Goliath mais à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. La prééminence de l'anglais n'est due à aucun mérite propre à la langue, mais elle est bien établie et il est probable qu'elle le restera, mais il ne s'agit pas d'un monopole.
4°) C'est le progrès scientifique et technologique qui a multiplié les contacts entre les peuples au cours des cent cinquante dernières années; or la science et la technologie sont nées en Occident, si bien que la langue de la science a un fondement et une origine occidentales. Cependant les contributions ultérieures à ce progrès se sont faites dans un nombre croissant de langues, si bien que le besoin en traductions va s'accroître.
5°) Comme les langues occidentales peuvent être considérées comme de simples variantes d'une langue commune, il est possible de s'exprimer dans cette langue commune d'une façon qui sera immédiatement comprise sans étude préalable par toute personne qui connaîtra une langue occidentale. C'est le rôle de l'interlingua.
On a essayé ici de résumer dans la langue de Descartes un texte diffus, obscur et redondant. Il est à remarquer d'ailleurs que l'immense majorité des interlinguans (?) non seulement ne l'ont pas lu mais seraient scandalisés par de tels propos si on les leur présentait sans leur dire qui les a tenus.
Comparaison avec l'espéranto
La méthode d'élaboration de l'Interlingua a produit une langue plus ou moins compréhensible aux locuteurs des langues-sources sans qu'ils aient besoin d'un apprentissage préalable. Certains locuteurs de l'Interlingua reformulent cet argument sous la forme que bien que les Espérantistes peuvent communiquer entre eux, l'Interlingua permet de communiquer avec beaucoup plus de locuteurs que ceux qui l'ont appris.
Cependant, cette admirable lisibilité a un coût. Si l'Interlingua est facile à lire, il n'est pas aussi facile à apprendre, écrire ou parler que l'espéranto. On peut dire que sa grammaire n'est pas aussi régulière et simple que celle de l'Espéranto, en raison, par exemple, de la présence de verbes irréguliers. De même, l'ensemble du vocabulaire de base nécessaire à une conversation ordinaire est beaucoup plus grand en Interlingua, car l'Interlingua n'utilise pas un ensemble régulier d'affixes, ceux-ci dépendent des mots concernés. Considérons par exemple :
sana san
sano sanitate
malsana malade
malsano maladia
malsanulejo hospital
sanigxi recovrar
sanigi curar
malsanigxi cader malade
Au lecteur qui maîtrise déjà l'anglais ou l'une des langues romanes ayant servi à construire l'Interlingua, la colonne de droite semblera beaucoup plus compréhensible. Cette colonne contient des mots beaucoup plus internationaux : par exemple, hospital existe dans pratiquement toutes les langues (même en espéranto!), alors que malsanulejo n'existe que dans une seule, l'espéranto.
En revanche, la colonne de gauche est beaucoup plus facile à mémoriser, car elle utilise une seule racine (san-) avec des affixes réguliers. Les mots de l'espéranto sont réguliers : sana → sano, sana → malsana, malsana → malsano. On constate qu'en Interlingua, les mots ne sont pas aussi réguliers : san → sanitate, san → malade, malade → maladia (et non - maladitate).
L'espéranto écrit est moins facilement compréhensible à ceux qui ne l'ont pas appris, parce que Ludwik Lejzer Zamenhof, quand il a construit l'espéranto, a pris grand soin de l'orthographe et de la prononçabilité, ce que Gode n'a pas fait autant. Par exemple, le mot kontakto de l'espéranto et le contacto de l'Interlingua ont un sens et une prononciation identique, mais ne s'écrivent pas pareil, parce que l'orthographe de l'espéranto respecte la règle — un son, un caractère —, tandis que celle de l'Interlingua est moins simple. La lettre c de l'Interlingua, par exemple, peut avoir le son [k], [ts] ou [s], selon les lettres avoisinantes et la langue maternelle du locuteur. Ces détails rendent l'Interlingua plus difficile à apprendre et à parler, mais le rendent aussi plus lisible : les lettres reflètent le caractère latin de cette langue. À un esprit latin, le k de l'espéranto semble laid, peu naturel et barbare, mais celui qui apprend cette langue constate que le k est beaucoup plus fiable que le c.
Le vocabulaire de l'espéranto, en grande partie emprunté aux langues latines, germaniques et slaves, peut être considéré comme plus neutre que celui de l'Interlingua, qui ne puise le sien que dans les langues latines. Cependant, les mots les plus utilisés de l'espéranto sont aussi d'origine latine. On peut aussi remarquer que la neutralité de l'espéranto ne vaut qu'en Europe, et rappeler que dans le monde, les deux tiers de l'humanité ne parlent pas une langue européenne. Enfin, l'Interlingua est plus fidèle au vocabulaire gréco-latin, qui est utilisé internationalement en science.
Au niveau de la prononçabilité, l'espéranto reste la seule langue planifiée qui ait dépassé le million de vrais locuteurs (les estimations fluctuent et ne peuvent être vraiment précises). Ce n'est pas la moins remarquable de ses réussites, car seule une autre langue construite a dépassé ce stade : le Volapük aurait eu 200 000 locuteurs en 1890, mais on peut supposer que parmi ceux-ci, la plupart n'avait que commencé l'apprentissage de cette langue et qu'une proportion bien plus faible la maîtrisait vraiment.
Pour conclure sur les différences que nous venons de montrer entre l'Interlingua et l'espéranto, il faut rappeler que l'espéranto existait depuis 64 ans quand l'Interlingua est né. La comparaison du nombre de locuteurs doit donc être considérée comme un simple point de repère, pas comme une conclusion définitive sur le succès des deux langues. En revanche, la connaissance des caractéristiques et des mérites de chacune de ces langues est digne d'intérêt pour tous les linguistes, amateurs ou professionnels.
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langue construite
Liens externes
- Union Interlinguiste de France : http://www.interlingua.com.fr/
- Union mondiale pour l'Interlingua : http://www.interlingua.com/
- dictionnaire interlingua-anglais : http://www.interlingua.com/ied/
- grammaire de l'interlingua (en anglais): http://members.optusnet.com.au/~adohall/
- grammaire de l'interlingua (en français): http://filip.ouvaton.org/ia/gram/entra1.html
- catalogue de sites en interlingua : http://dmoz.org/World/Interlingua
Catégorie:Langue artificielle
ja:インターリングア
LojbanCatégorie:Langue artificielle
Le lojban est une langue construite avec une grammaire conçue sur un modèle logique. « Lojban » en lojban veut dire « langue logique ».
Histoire
Le lojban est une refonte du loglan, lui-même créé par le linguiste James Cooke Brown dans les années 1960. JCB espérait explorer l'hypothèse Sapir-Whorf par la création d'une langue structurellement très différente des langues naturelles.
En 1987, quelques loglanistes actifs se sont séparés du projet de Brown en raison d'un désaccord sur les prétentions de ce dernier quant à un contrôle strict de ses droits d'auteurs sur la langue et le matériel d'apprentissage. Au final, lojban est devenu bien plus important que le projet original. Il y a actuellement dans le monde quelques dizaines de lojbanistes actifs, principalement sur internet. Le Logical Language Group (LLG ou la lojbangirz en lojban) est une association à but non lucratif qui tient son assemblée générale annuelle sur le canal irc de la communauté.
Spécificités
Le mot lojban vient de langue logique, en lojban. En effet, la grammaire du lojban est basée sur les principes de la logique des prédicats. Mais le lojban a d'autres caractéristiques :
- le lojban est conçu pour être utilisé par des personnes pour communiquer entre elles, et éventuellement, dans le futur, avec des ordinateurs ;
- le lojban est conçu pour être culturellement neutre ;
- la grammaire du lojban est non-ambiguë ;
- la prononciation du lojban et son orthographe sont directement liées, sans confusion possible ;
- le découpage d'un texte lojban en mots ne peut se faire que d'une seule façon ;
- le lojban est simple, comparé aux langues naturelles, et facile à apprendre ;
- les 1350 mots-racines du lojban peuvent facilement être combinés, de façon à former un vocabulaire de millions de mots ;
- la définition du lojban est rigoureuse et ne comporte pas d'exceptions ;
- le lojban tente de lever les restrictions qui peuvent exister pour exprimer des idées créatives et claires ;
- le lojban peut être utilisé dans des domaines différents, créatifs ou scientifiques, théoriques ou pratiques.
Pour résumer, le lojban a une grammaire, une prononciation, une façon de former les mots qui sont non-ambigües. En lojban, on peut être très précis, ou rester vague, intentionnellement. Votre interlocuteur ne comprendra peut-être pas ce que vous voulez dire, mais il comprendra toujours ce que vous dites...
Prononciation
L'alphabet lojban est le suivant, et se prononce presque toujours comme en français (les différences sont indiquées) :
' (/h/ expiré), a, b, c (/ch/), d, e (/è/), f, g (toujours dur), i, j, k, l, m, n, o, p, r (plutôt roulé), s (toujours /ss/), t, u (/ou/), v, x (le /kh/ arabe - un 'r' guttural), y (le schwa, la voyelle neutre proche du /e/ muet), z
- le point ('.') marque une pause obligatoire ;
- la virgule (',') marque une séparation obligatoire, mais sans pause.
Remarque : pas de majuscule en lojban, sauf pour marquer l'accent tonique sur les noms propres.
Diphtongues : ai (/aïe/, ei (gros/eille/), oi (langue d'/oïl/), au (/ao/), ia (/ya/), ie (/yè/), ii (/y-i/), io (/yo/), iu (/you/), ua (/oi/), ue (/ouais/), ui (/oui/), uo (/ou-o/), uu (/wou/h-/wou/h), iy (/y-e/), uy (/w-e/).
Grammaire
Il n'y a pas en lojban de distinction grammaticale entre un nom, un verbe, un adjectif, un adverbe... Cela donne une grammaire suffisamment spéciale pour justifier l'emploi de termes spéciaux (et qui sont des mots lojban) pour désigner les éléments de cette grammaire. (Et on ne marque jamais le pluriel de ces termes avec un s, ce qui n'est pas la façon de faire en lojban).
La structure qui représente la relation (que l'on appelle prédicat en logique) s'appelle bridi en lojban. La partie centrale s'appelle selbri et les arguments (les éléments du discours qui sont reliés par le selbri dans le bridi) s'appellent sumti (prononcer /soumti/).
Il y a trois classes principales de mots : les brivla (correspondant aux noms communs et aux verbes (il n'y a pas vraiment de distinction entre les verbes et les noms)), les cmene (noms propres) et les cmavo qui sont des petits mots grammaticaux jouant des rôles divers. Il existe trois catégories pour les brivla eux-mêmes : les gismu (les mots racines qui servent à construire les autres brivla), les lujvo (composition de brivla) et les fu'ivla (des mots issus de langues naturelles, lojbanisés).
Exemple de texte
le mumoi plini cu mutce le ka cizra .i py cmalu traji fo le romei .i le canlu cu satci banzu le nu canlu le garna tergusni kujoi le tergusni cikygau .i le cmalu noltrube'a na snada le nu jimpe le du'u makau prali bu'u lo pagbu be le kensa re'o lo plini noi claxu lo'e zdani .e lo'e se xabju ku'o fi lo'e garna tergusni .e lo'e tergusni cikygau
La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvait servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères.
Morphologie
Les gismu constituent donc le vocabulaire de base. Leur forme est toujours CVCCV ou CCVCV, où C est une consonne et V une voyelle, et sachant qu'il y a des paires de consonnes interdites.
Presque tous les gismu du lojban ont été construits en partant de morceaux de mots tirés d'autres langues, plus spécifiquement le chinois, l'hindî, l'anglais, l'espagnol, le russe et l'arabe (les six langues naturelles les plus parlées). Pour un concept donné, les mots correspondants dans ces six langues ont été transposés dans la phonétique lojban. Ensuite, le gismu a été sélectionné de manière à maximiser la facilité qu'auront les locuteurs des six langues à le reconnaître, en introduisant des pondérations reflétant le nombre de locuteurs de chacune de ces six langues. L'algorithme complet n'est pas détaillé ici.
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues artificielles
- - loglan
Liens externes
- http://www.lojban.org/
- [http://www.lojban.org/wiki/index.php/Pronunciation%20guide%20in%20French Guide de prononciation]
- [http://www.lojban.org/twiki/pub/Files/Documents/lojbanbrochurea4-fr.pdf Brochure d'introduction] (PDF)
- [http://www.lojban.org/wiki/ Lojban wiki] (en anglais et lojban, et entièrement ou partiellement dans d'autres langues)
- [http://www.lojban.org/resources/forums.html Différents forums], dont [http://www.lojban.org/lists/lojban-fr une liste de discussion en français] et un canal irc.
ja:ロジバン
Langue morte ja:死語
Une langue est dite morte quand il n'existe plus de locuteurs natifs l'utilisant.
Exemples
De nombreuses langues de l'Antiquité le sont aujourd'hui. On peut citer, par exemple :
- le gaulois ;
- le gotique ;
- l'étrusque ;
- le dalmate vegliote ;
- le tokharien ;
- les langues anatoliennes ;
- l'akkadien.
Le latin est généralement considéré comme une langue morte, même si c'est la langue officielle de l'Église catholique romaine. Selon un article de Pierre Georges dans sa chronique du « Monde », le latin se serait néanmoins enrichi de 60 000 termes et locutions au cours des deux derniers siècles ; son article en donne quelques exemples : vis atomica pour « puissance nucléaire », res inexplicata volans pour « objet volant non identifié », etc. Une wikipédia existe en latin : [http://la.wikipedia.org/wiki/Pagina_prima Wikipedia, libera encyclopaedia].
Le grec ancien s'estompa d'après Paul Valéry peu après la Première Guerre mondiale ; voir un honnête homme lire Thucydide dans le texte n'étonnait personne dans sa jeunesse.
L'hébreu est l'exemple type d'une langue morte qui a été ressuscitée: supplantée durant l'Antiquité par l'araméen, elle fut conservée comme langue liturgique et utilisée dès le par les mouvements sionistes. C'est aujourd'hui à nouveau une langue vivante utilisée en Israël.
Transition et préservation
De nos jours, les linguistes considèrent qu'un nombre important de langues sont en cours de transition du statut de langue vivante à celui de langue morte. En effet, de nombreuses cultures (et les langues qui les accompagent ou les portent) sont menacées de disparition devant la réduction du nombre des locuteurs. Le pourrait ainsi voir disparaître la moitié des langues parlées en l'an 2000, gonflant ainsi rapidement le bataillon des langues mortes. Réciproquement, il existe plus de bretonnants en 2004 qu'en 1954, et des émissions de télévision ont régulièrement lieu en occitan.
Un des enjeux des langues mortes ou de la disparition des langues reste leur conservation qui passe par la restitution (de manière durable) de leur contenu linguistique. Pour les langues dont on ne dispose plus d'aucun locuteur vivant, l'analyse des documents anciens et le travail du linguiste peut permettre de reconstituer en tout ou partie la langue orIginale (par exemple, la reconstitution des langues égyptiennes antiques à partir des hiéroglyphes gravés conservés et des liens entre ces langues et leurs descendantes). Pour les langues en cours de disparition ou pour lesquelles les documents (écrits ou enregistrés) sont encore très nombreux, l'enjeu est souvent de constituer des dictionnaires et des grammaires afin de préserver un corpus aussi large que possible (voir, par exemple, les travaux de préservation de certaines langues amérindiennes ou du sud-est asiatique).
Les langues presque disparues ont parfois joué un rôle dans le cryptage des communications; ainsi des opérateurs navajos communiquaient-ils par radio dans leur langue lors des opérations du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'abri de toute interception japonaise.
-
Linguistique historiqueLa linguistique comparée (ou encore linguistique historique ou grammaire comparée) est une discipline de la linguistique qui étudie l'histoire et l'évolution des langues (prises individuellement) ou des familles de langues. C'est une discipline éminemment diachronique. La linguistique comparée procède de la philologie, terme qui, parfois, doit être compris comme un | | |